Chili:
La République du Chili (República de Chile en espagnol) est un pays d’Amérique du Sud partageant ses frontières avec le Pérou au nord, la Bolivie au nord est et l’Argentine à l’est. La capitale de ce pays à la forme allongée porte le nom de Santiago du Chili.
On y parle l’espagnol, dans sa variante spécifique au Chili, mais aussi des langues amérindiennes comme le Runa Simi, le Mapudungun ou l’Aymara, et une langue polynésienne, le vânaga rapanui (sur l’Île de Pâques), dont aucune n’a le statut officiel.
La monnaie nationale est le peso (CLP).
Étymologie:
De nombreuses hypothèses ont été émises sur l’origine du nom du pays.
Selon l’une d’entre elles, les conquistadors installés au Pérou appelaient la région australe valle de Chile. À noter que nombre de noms propres hispanisés proviennent de noms locaux de fleuves et rivières (Pérou pour río Virú, Lima pour río Rimac). Il se peut que le nom du pays soit lié à celui de la rivière qui traverse la ville d'Aréquipa au sud du Pérou, le río Chili.
Selon l’Abate Molina, le nom viendrait de trih o chi, expression utilisée pour désigner un oiseau ayant des taches jaunes sur ses ailes[1].
Selon l’historien Ricardo Latcham, le nom viendrait d’un groupe d’Amérindiens (les Mitimaes) capturé par les Incas, qui provenait d’une région du Pérou où il existait un fleuve portant ce nom[2].
Une autre théorie anonyme soutient que l’origine est aymara car l’inca Tupac Yupanqui avait donné ce nom aux terres conquises au sud de l’empire inca, jusqu’à la vallée de l’Aconcagua (signifiant « gelé » ou « là où se termine la terre » en aymara).
Enfin, Chile serait un mot mapudungun signifiant « là où se termine la terre »
En tout cas, le nom du pays n’a aucun rapport avec le mot espagnol chile qui désigne le piment.
Histoire:
L’histoire du Chili peut se diviser en douze périodes historiques. Ces périodes couvrent l'intervalle de temps qui va depuis le début du peuplement humain sur le territoire de l'actuel Chili (vers 10.500 av. J.-C.) jusqu'à nos jours.
Selon la théorie du passage des hommes par le détroit de Béring à travers le « pont de Beringia », durant la dernière glaciation connue sous le nom de Wurm par les Européens et comme Wisconsin par les Américains, chilien situé dans la partie méridionale de l'Amérique du Sud et en la zone ouest, sur l'océan Pacifique. Elle a été la dernière zone d'Amérique à être peuplée.
La glaciation Wurm-Wisconsin, a durée environ 50 000 ans. Selon les scientifiques, le « pont de Beringia » a pu être traversé pendant 4 000 ans durant sa première période et 15 000 ans durant la dernière glaciation. À partir de là, l'homme se dirige vers le sud du continent vers le territoire de l'actuel Argentine et Chili.
Géographie:
Le Chili est un pays d'Amérique du Sud, situé sur la côte Pacifique. Entouré par l'Argentine (plus de 5 000 km de frontière), la Bolivie et le Pérou, le Chili s'étend sur 756 900 km² de terres. Le Chili revendique aussi 1,250 millions de km² dans l'Antarctique.
Le Chili est habité par 15 millions de personnes (2001).
Le désert d'Atacama, situé au nord du pays, est le désert le plus aride au monde.
Climat:
La géographie très particulière du pays se reflète sur son climat. Ainsi, le nord est chaud, aride et désertique. La zone centrale bénéficie quant à elle d’un climat méditerranéen[28],[29] et possède des vallées fertiles. Le courant de Humboldt modère les températures tout le long du pays, ce qui favorise le développement humain. Quand les températures du Pacifique augmentent à cause d'El Niño, les précipitations augmentent brusquement causant ainsi de graves inondations dans le pays.
Le Sud, connaît un climat de type océanique froid et humide. L’île de Pâques bénéficie d’un climat maritime à caractéristiques subtropicale. Au Chili, les saisons sont inversées par rapport à l’Europe. Dans la région centrale, l’été débute fin décembre et s’achève fin mars. L’hiver, peu rigoureux, dure de juin à août.
Économie:
Le Chili est considéré aujourd’hui comme le pays le plus stable économiquement en Amérique latine[34]. Avec un passé économique désastreux ayant connu de nombreuses dictatures, le pays est devenu de nos jours le « modèle » de la région, le seul qui a réussi, par exemple, à réduire la pauvreté de moitié depuis les quinze dernières années, (c’est d’ailleurs pour cela qu’on l’appelle le « jaguar » de l’Amérique du Sud). Au cours des vingt-quatre dernières années, la croissance annuelle moyenne du PIB chilien a été de 5,2 %, et même de 8,3 % entre 1990 et 1997. Le modèle économique chilien est celui du libéralisme, système mis en place par le général Pinochet, avec l’aide des Chicago Boys. Avec ce nouveau modèle, le pays a vécu le miracle chilien grâce aux nombreuses réformes comme la privatisation des entreprises d’État (cuivre, aviation, éducation...).
De nos jours, le Chili possède un marché ouvert au monde entier. Son économie se caractérise par l’exportation et l’importation de matières premières. Durant l’année 2005, le nombre total des exportations a dépassé les 39,5 milliards de dollars américains. Les exportations ont augmenté de moitié cette année-là. Ces principaux clients sont par ordre d’importance l’Union européenne, les États-Unis, la Corée du Sud, l’accord P4 et la Chine. Le Chili est membre de l’APEC (traité des pays du Pacifique) et membre associé du Mercosur (traité de libre échange entre les pays du continent sud américains).
Les importations ont atteint le chiffre de 30,5 milliards de dollars américains en 2005. Son PIB a augmenté la même année de 6,3 % arrivant à 115,3 milliards de dollars américains soit 11 900 dollars par habitant en 2004. Le Chili possède donc le PIB par habitant le plus élevé des pays d’Amérique latine[35].
L’agriculture et l’élevage sont les principales activités des régions du Centre et Sud du pays. L’exportation de fruits et légumes atteint des niveaux historiques car le marché s’ouvrent aux marchés européens et asiatique depuis les années 1990. Le Chili connaît aussi une croissance exponentielle dans le domaine de la pêche. Ainsi, le pays est devenu le premier exportateur de saumon en dépassant les niveaux de la Norvège en 2006. Il faut remarquer qu'il y a de nombreux élevages de saumon établis dans le lit des fleuves au sud du Chili. Les déchets provenant de cette industrie ont eu un effet nocif sur l'écosystème.
Tourisme:
Depuis les années 1990, le tourisme au Chili est devenu une des principales ressources économiques, spécialement dans les zones extrêmes du pays (désert d’Atacama au nord, Patagonie, Terre de Feu au sud). Pendant l’année 2005, il a augmenté de 13,6 %, générant ainsi plus 1 360 millions de dollars américains (soit 1,33 % du PIB national).
Selon la SERNATUR[40], deux millions de personnes se rendent au Chili par an. Ce chiffre est encore bon si l’on le compare à ceux du Brésil ou du Mexique. La majorité de ces visiteurs viennent du continent, principalement de l’Argentine. Cependant, ces dernières années, le nombre de visiteurs venant d’Espagne, de France, d’Allemagne est en constante augmentation (ces pays offrent même parfois des vols directs vers le Chili sans escale comme Air France qui peut faire Paris CDG-Santiago Pudahuel en 14 heures 30 seulement) [41]. Les Européens représentent 400.000 visiteurs en 2005.
Les principaux lieux touristiques correspondent aux lieux de beauté naturelle des zones extrêmes. San Pedro de Atacama, dans le nord du pays est très visité par les étrangers pour contempler l’architecture d’origine inca, les lagunes de l’Altiplano, la Valle de la Luna plébiscitée pour son étrangeté et les geysers du Tatio. Près de Putre, dans l’extrême nord, admirer le lac Chungará et le volcan Parinacota situé dans le parc national Lauca à plus de 4 500 mètres d’altitude est apprécié. Dans la zone australe, les principaux lieux touristiques sont l’archipel de Chiloé, la Patagonie, la lagune de San Rafael et ses glaciers ainsi que le parc national de Torres del Paine. Pour finir, la mystérieuse île de Pâques située au milieu de l’océan Pacifique est probablement le lieu touristique le plus apprécié par les Occidentaux, car elle est très exotique par rapport au continent[42].
Dans le domaine national, le tourisme se concentre durant la période estivale, principalement dans les stations balnéaires comme Arica, Iquique, Antofagasta, La Serena et Coquimbo pour la zone nord. La région de Valparaiso reçoit le plus grand nombre de touristes comme Viña del Mar grâce à sa proximité avec Santiago. Cette dernière est connue pour être la « capitale touristique du Chili » grâce à la beauté de ses plages et sa proximité de la capitale. Chaque année, en février se déroule le festival de la chanson de Viña del Mar, événement musical important en Amérique latine.
Énergie:
Le Chili est importateur net d’énergie. En effet, il ne possède pas de grandes réserves énergétiques. Par exemple, sur les 228 000 barils de pétrole consommés par jour, seuls 4 000 provient des gisements du pays. Le prix du pétrole dépend donc du commerce international et de la conjoncture. De la même façon, la quasi totalité du gaz naturel est importée d’Argentine.
La consommation d’électricité a dépassé les 51 573 GWh durant l’année 2005 dont 54 % sont produits par des centrales hydroélectriques. Dans le pays, il existe quatre systèmes électriques : le système interconnecté du Norte Grande, le système interconnecté central et les systèmes de Aisén Magallanes. Le potentiel hydroélectrique est encore peu utilisé. Le pays utilise 20 % des capacités potentielles (volonté de protection de la faune et la flore de la région d’Aisén). Il n’existe pas pour le moment de centrale nucléaire, cependant, en 2006 s’ouvre le débat sur la faisabilité technique de l’utilisation de ce type d’énergie. La mise en place d’éoliennes et l’utilisation de l’énergie géothermique sont aussi envisagées par le pays.
Population:
Le Chili possède une population estimée à 16.134.219 d’habitants en 2006. Selon le dernier recensement complet effectué en 2002, les chiffres sont de 15.116.435 habitants, dont 7.447.695 sont des hommes et 7.668.740, des femmes [53].
Le taux de croissance démographique de la population chilienne a nettement diminué ces dernières années. Vers la fin du XIXe siècle, on comptait 2.695.625 habitants, puis 5.023.539 en 1940 et 13.348.341 en 1992. Même si la population du Chili a quintuplé durant le XXe siècle, le taux de croissance de la période 1992-2002 à été de seulement 1,24% par an [54]. Ainsi, son taux de croissance annuel devrait continuer de baisser ces prochaines années.
Du fait de l’amélioration des conditions de vie, l’espérance de vie des Chiliens à la naissance (qui est la plus élevée de l’Amérique latine) est de 76,77 ans en moyenne [55], alors que le taux de mortalité infantile est descendu à 7,8‰. Le taux de natalité en 2003 est arrivé à son minimum historique en allant à 15,23‰ et celui du taux de mortalité à 5,1‰, avec un taux de croissance naturelle de 10‰ [56]. Ces chiffres permettent de constater un vieillissement de la population. Dans 20 ans la population des 40 ans et plus dépassera celle des moins de 40 ans. Ainsi, la pyramide des âges sera vers l’an 2025, avec un profil campaniforme qui représente la transition démographique que vit le pays.
Culture:
Le Chili est le pays des poètes, selon la tradition populaire. Cela découle de la place tenue, dans son histoire, par des écrivains produisant des œuvres lyriques. Des artistes chiliens comme Nicanor Parra (connu pour son anti poésie), Vicente Huidobro, Jorge Teillier, Enrique Lihn, Gonzalo Rojas, Gabriela Mistral (la nostalgique), et Pablo Neruda (l’engagé) montrent la place tenue par la poésie. Deux Chiliens se sont vu décerner le prix Nobel de littérature : Gabriela Mistral en 1945 et Pablo Neruda en 1971[69].
Dans le domaine de la prose, ce sont des auteurs comme Francisco Coloane, Manuel Rojas, Luis Sepúlveda, Alberto Blest Gana, Isabel Allende, Jorge Edwards, José Donoso, Roberto Bolaño qui sont remarquables. Il ne faut pas oublier Marcela Paz, connue par son personnage caractéristique Papelucho. Mais c’est Pepo, dessinateur de bandes dessinés, qui à travers Condorito, a créé le personnage imaginaire le plus connu du pays.
La musique folklorique s’inspire à la fois des mélodies amérindiennes et de celles venues d’Espagne. La cueca, danse traditionnelle chilienne, en est un bon exemple; chaque région en a sa propre version. Durant les années 1970, la musique folklorique connaît un nouvel engouement grâce au mouvement de la Nueva Canción Chilena dont les artistes composent sur des thèmes inspirés à la fois des airs traditionnels du pays et de leurs propres recherches. Víctor Jara, Violeta Parra, Los Jaivas, Quilapayún sont des artistes représentatifs de ce mouvement. La chanteuse, et inlassable chercheuse dans le domaine du folklore musical chilien, Margot Loyola est une autre artiste importante de la musique folklorique et populaire du Chili contemporain.
Depuis les années 1970, sont apparus des artistes pop-rock, inspirés par la culture nord américaine, comme Los Prisioneros, Lucybell, Los Mox... Généralement le pop-rock chilien se différencie de celui des autres pays latino-américains par le ton mélancolique de ses chansons et des textes tristes et pessimistes.
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