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Cuba:
La République de Cuba est formée de l'île de Cuba (la plus grande île des grandes Antilles), de l'île aux Pins (appelée île de la Jeunesse depuis 1976) et de quelques autres petites îles. Elle est située, au nord des Antilles, à la confluence de la mer des Caraïbes, du golfe du Mexique et de l'océan Atlantique ; au sud de la côte est des États-Unis et des Bahamas ; à l'est du Mexique et à l'ouest des îles Turques et Caïques ;au nord des îles Caïman et de la Jamaïque. Derrière Hispaniola, Cuba est la deuxième île la plus peuplée des Caraïbes avec 11 200 000 habitants (juillet 2002). Sa capitale est La Havane, sa langue officielle l'espagnol et deux monnaies y sont utilisées : le peso cubain et le peso cubain convertible. L´île a été une colonie espagnole de 1492 à 1898. Les Espagnols y ont décimé les tribus indiennes et importés des esclaves africains. La culture cubaine résulte du mélange entre la culture espagnole et africaine. Cuba possède un rayonnement culturel assez important. Depuis 1959 Cuba est une république socialiste.
Origine du nom:
Le nom Cuba aurait été donné par Christophe Colomb en référence à une terre de l'Alentejo, la ville Vila de Cuba (située dans l'actuel district de Beja, au Portugal) où il vécut. Il aurait aussi appelé l'île Juana en l'honneur de la fille des rois catholiques d'Espagne.
Histoire:
Premier voyage de Christophe ColombL'Espagne conquit l'île au cours du XVIe siècle après la découverte de l'île par Christophe Colomb en 1492. La colonisation espagnole durera jusqu'à la signature du traité de Paris en 1898. Au cours de ces quatre siècles, de nouvelles villes verront le jour dont Santiago de Cuba (1514) et La Havane (1515). Mais la population indienne payera un lourd tribut. Elle sera pratiquement décimée en quelques années, de même pour les réserves d'or. L'île se tourna donc vers de nouvelles activités : tabac (plus ou moins 300 millions de cigares par an ainsi qu'une bonne douzaine de milliards de cigarettes brunes ou blondes), café et canne à sucre (héritée de quatre siècles de colonisation espagnole et qui procure à Cuba le plus gros de ses ressources). Cette dernière activité nécessitant une main d'œuvre importante, il sera fait appel aux esclaves africains.
Dans les régions plantées de palmiers royaux trop accidentées pour les machines modernes, des brigades de travailleurs de provinces et de villes différentes et de toutes professions viennent encore couper la canne à la machette. Volontaires, nourris 6 fois par jour, pouvant gagner 5 fois plus qu'un ouvrier ordinaire, ils ont droit à tous les égards. Juste retour des choses : au XVIIIe siècle, le châtiment le plus redouté par l'esclave urbain était d'être vendu aux planteurs de l'intérieur ; prisonniers du domaine, les Noirs ne recevaient ni argent ni éducation.
Rien ne doit se perdre. Une fois le précieux sirop extrait des cannes, les hommes jettent dans les chaudières les tiges pour fabriquer la vapeur qui fait tourner l'usine. Les résidus visqueux tombés au sol sont nettoyés au jet d'eau. Il semble que l'on ait cultivé dès 1523 la canne à Cuba où elle a trouvé les meilleures conditions de croissance : climat chaud, sols humides et, juste avant la coupe, une période sèche propice à la concentration du saccharose. En 1620, Cuba produisait 550 tonnes ; en 1987, plus de 7 millions. Les sacs de 50 kilos sont expédiés durant la guerre froide surtout vers les pays de l'Est mais également en Libye. Cuba est devenu le premier exportateur mondial de canne à sucre.
Alors que la traite était officiellement abolie, plus de 30 000 esclaves furent débarqués entre 1820 et 1860 au port de La Havane, qui comptait au début du siècle 40 000 Blancs et 30 000 esclaves. C'est seulement en 1886 que fut supprimé l'esclavage, fondement de l'économie coloniale, source des richesses de toute l'aristocratie créole.
Les luttes pour l'indépendance remontent au milieu du XIXe siècle avec la guerre des dix ans qui débuta en 1868; Les États-Unis intervinrent dans la guerre d'indépendance cubaine qui avaient fait 200 000 morts depuis 1895 (soit 1/8 de la population) pour aider les indépendantistes et occupèrent l'île de 1898 à 1902, puis de 1905 à 1909. Les États-Unis poursuivirent une ingérence marquée jusqu'en 1934 (révocation de l'« amendement Platt »).
Fidel CastroFidel Castro prit la tête d'une armée rebelle en 1956, renversant le dictateur Fulgencio Batista le 1er janvier 1959. Les États-Unis sont l'une des premières nations à reconnaître diplomatiquement ce nouveau gouvernement (le 7 janvier), mais les rapports entre les deux pays se gâtent dès le mois de mai lors de la confiscation des avoirs étrangers (dont ceux de United Fruit Co) à Cuba. Par la suite, du 17 au 19 avril 1961 eut lieu une tentative de débarquement à la Baie des Cochons de 1 400 réfugiés, recrutés, payés et entraînés par la CIA américaine, qui se solda par un échec.
Les États-Unis mirent en place un embargo économique en 1962, mais renoncèrent à toute invasion de Cuba aux termes d'un accord signé pour conclure l'affaire des missiles de Cuba. Le pays fut longtemps soutenu par l'URSS qui lui accordait une aide (4 à 6 milliards USD par an jusqu'en 1990) en échange de son alignement sur sa politique (envoi de forces cubaines dans plusieurs pays d’Afrique, soutien aux mouvements révolutionnaires d’Amérique latine), mais fait face à une grave crise économique depuis la disparition du « grand frère soviétique ».
Le 19 février 2008, Fidel Castro annonce qu'il renonce à la présidence de Cuba.
Géographie:
La République de Cuba est située entre la mer des Caraïbes et l’Atlantique Nord, au sud de la Floride et des Bahamas. C’est un archipel composé de l’île de Cuba, longue de 1 220 km (qui fait d’elle la plus grande île des Antilles), de l’île des Pins (île de la Jeunesse) et d’environ 1600 îlots. Géographiquement, elle se trouve à proximité du tropique du Cancer, à 77 km d’Haïti à l’est ; à 140 km de la Jamaïque, au sud-est ; à 180 km des États-Unis, au Nord-Est ; et à 210 km du Mexique, à l’ouest. La République comprend l’île entière ainsi que la Isla de la Juventud (Île de la Jeunesse), mais la baie de Guantanamo occupée depuis 1898 par les États-Unis était à l’origine louée depuis 1903 et une base navale a été installée (que les États-Unis maintiennent malgré l’opposition du gouvernement cubain).
Politique:
Cuba se présente comme un pays socialiste, une république parlementaire - où le Parti communiste est le seul parti politique reconnu par la Constitution. Fidel Castro est le chef de l'État et du gouvernement depuis 1959, d’abord comme premier ministre et ensuite, à l’abolition de cette charge en 1976, comme président du Conseil d’État. Il est aussi le représentant à l’Assemblée nationale de la municipalité de Santiago de Cuba depuis 1976, Premier Secrétaire du Parti communiste cubain et commandant en chef des forces armées.
Le parlement cubain est l’Assemblée nationale (Asamblea Nacional del Poder Popular). Ses 609 membres sont élus pour 5 ans au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. L’Assemblée nationale élit en son sein le Conseil d’État et son président par un vote à bulletin secret.
Suite à la crise des missiles, l’île subit un embargo de la part des États-Unis, depuis 1962. L'embargo ne porte toutefois plus sur les médicaments, les matériels de télécommunications et les produits agro-alimentaires[1], faisant des États-Unis le premier exportateur pour l'économie cubaine, particulièrement dans le secteur alimentaire : le montant des exportations américaines vers l'île s’élève aujourd’hui à 500 millions de dollars par an[1].
Élections:
Le président cubain par intérim Raul Castro a annoncé la tenue des élections municipales dans le pays le 21 octobre 2007 pour le premier tour et le 28 pour le second tour. L’an prochain, la nouvelle Assemblée nationale devrait désigner le président cubain.
Les municipales d’octobre vont lancer à Cuba un processus électoral d’importance. Selon la Constitution cubaine, c’est le seul scrutin permettant aux électeurs cubains de choisir directement leurs représentants. Délégués municipaux et provinciaux désignent en effet les candidats à l’Assemblée nationale qui désignera en mars 2008 les 31 membres du Conseil d’État. C’est ce gouvernement qui désigne le président cubain.
Raul Castro doit annoncer d’ici au mois d’octobre 2007 les dates des scrutins pour la désignation des délégués aux 14 assemblées provinciales et de ceux à l’Assemblée nationale du pouvoir populaire. 15 000 délégués doivent être élus dans les 169 Assemblées municipales du pays qui comptent 600 députés.
Économie:
Au lendemain de la prise de pouvoir, le régime castriste nationalise 90% du secteur industriel et 70% des terres agricoles[2]. Le gouvernement cubain met en place une économie centralement planifiée. La plupart des moyens de production sont contrôlés par l’État et la plupart de la main-d’œuvre est employé dans le secteur public. Ces dernières années le secteur privé s’est développé. En 2000, le secteur public représentait 77,5% des emplois et le secteur privé 22,5% alors qu’en 1981 le rapport était de 91,8% et 8,2%[3]. L’investissement est réglementé et la plupart des prix sont fixés par les autorités publiques.
La chute de l’Union soviétique et du COMECON qui priva l’île de ses principaux partenaires commerciaux et l’embargo des États-Unis eurent de lourdes conséquences sur l’économie cubaine. L’économie cubaine dépendait de l’aide et des débouchés du COMECON. L’Union soviétique achetait le sucre cubain à un prix supérieur au prix du marché et fournissait du pétrole à bas prix. En 1992, le niveau des échanges avec les pays de l’ex-COMECON représentait moins de 7% du niveau de 1989. Dans le même temps, le PNB cubain chuta de plus de 35%, les revenus par habitant de 39%. Sans pétrole et par manque de matériel, l’agriculture cubaine fut décimée ; les coupures de courant étaient fréquentes, la faim et la sous-alimentation étaient répandues.
Face à cette crise économique, Cuba libéralisa un peu son économie. Le développement d’entreprises privées de commerce et de manufactures fut permis, ainsi que la légalisation du dollar américain dans les magasins pour un temps (non permis depuis 2004). Le tourisme fut aussi encouragé. En 1996, l’activité touristique représentait plus que la culture de la canne à sucre en termes de devises. 1,9 million de touristes ont visité l’île en 2003, pour l’essentiel des touristes venant du Canada ou de l’Union européenne, générant 2,1 milliards de dollars de revenus[4].
Démographie:
Principaux indicateurs démographiques(2004):
Taux de natalité : 11 pour mille habitants
Taux de mortalité : 7 pour mille habitants
Taux de mortalité infantile : 6 pour mille
Espérance de vie des hommes : 75 ans
Espérance de vie des femmes : 79 ans
Deux millions de Cubains, soit 11 % de la population du pays, vivent en exil, à l'extérieur de l'île[6].
Un pays sans analphabètes:
Selon le PNUD, Cuba se situe au troisième rang mondial avec un taux d'alphabétisation de 99,8 % (rapport 2006 sur le développement humain[7]), à égalité avec l'Estonie et devant les États-Unis (93,3 %).
Bibliographie:
Fidel Castro Biographie à deux voix (2007) - De Ignacio Ramonet [2].
Washington contre Cuba (2005), Salim Lamrani, Howard Zinn, Noam Chomsky, Éditions Le Temps des Cerises, ISBN 2-84109-587-6
Cuba face à l’empire (2006), Salim Lamrani, Éditions Timéli, ISBN 2-940342-15-6
La Filière terroriste du FBI contre Cuba (2006), Jean-Guy Allard, Éditions Timéli, ISBN 2-940342-19-9
Cuba est une île (2004), Danielle Bleitrach, Viktor Dedaj avec la participation de Jacques-François Bonaldi, Le Temps des Cerises, ISBN 2-84109-499-8
Le Pas suspendu de la Révolution. Approche critique de la réalité cubaine (2001), ouvrage collectif coordonné par Yannick Bovy et Eric Toussaint, Éditions du Cerisier, Mons, Belgique. Préface de Manuel Vazquez Montalban. Photos de Yannick Bovy et Mathieu Sonck. [www.zogma.org]
Cuba especial (2001) - Éditions Quinoa [3].
Fidel Castro, Cuba et les États-Unis (2006), Conversations avec Ricardo Alarcon de Quesada, Salim Lamrani, Éditions Le Temps des Cerises, ISBN 2-84109-636-X
1902-2002. Centenario de la República Cubana, William Navarrete et J. de Castro, Ed. Universal, Miami, 2002, 542 pages, ISBN 0-89729-979-5.
La Lune et le caudillo, Jeannine Verdès-Leroux, Ed. Gallimard, Paris, 1989, ISBN 9782070780181.
Cuba la faillite d’une utopie, Olivier Languepin, Ed. Gallimard, Folio, Paris, 2007, ISBN 207034598X.
La Prostitution à Cuba, Sami Tchak, Ed. L'Harmattan, Paris, 1999, ISBN 2-7384-8185-X.
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