Argentine:
L'Argentine, officiellement la République argentine (en espagnol : República Argentina; [reˈpuβlika aɾxenˈtina]) est un pays d'Amérique du Sud partageant ses frontières avec le Chili à l'ouest, la Bolivie au nord-ouest, le Paraguay au nord, le Brésil et l'Uruguay au nord-est, et est bordé à l'est par l'océan Atlantique. Le pays a acquis son indépendance le 25 mai 1810, indépendance définitivement proclamée le 9 juillet 1816 à San Miguel de Tucumán.
Sa capitale est Buenos Aires, la langue nationale est l'espagnol et sa monnaie est le peso argentin. Son nom Argentine vient du latin Argentum signifiant « argent ».
Parmi les pays du Cône Sud qui comprend aussi le Chili et l'Uruguay, l'Argentine est celui où la culture européenne est la plus affirmée.
Étymologie:
Le nom du pays vient du mot latin argentum signifiant « argent ». Il fut attribué au temps des premiers explorateurs espagnols sur le Río de la Plata (appelé : mer douce mar dulce) où les survivants d'une expédition emmenée par Juan Díaz de Solís rencontrèrent des autochtones qui leur offrirent des objets en argent. Par la suite, la légende de Sierra del Plata, montagne riche en argent, atteignit l'Espagne vers 1524, et le nom d'argentine fut vu pour la première fois sur une carte vers 1536. À partir de 1612, ce nom est employé partout lorsqu'on désignait le pays[1].
Histoire:
L' histoire de l'Argentine commence bien avant l'installation des espagnols. Longtemps colonie espagnole, elle finit par obtenir son indépendance au XIXe siècle.
Politique:
Répartition des pouvoirs
L'Argentine a un régime présidentiel dans une république fédérale. La Constitution argentine de 1853, révisée en 1860, 1866, 1898, 1957 et 1994 dispose que le mandat présidentiel est de quatre ans (renouvelable une fois). Elu au suffrage universel, le président est à la fois à la tête de l'État et à la tête du gouvernement, la présidente actuelle est Cristina Fernandez de Kirchner.
La Constitution garantit la séparation des pouvoirs entre l'exécutif, le législatif et le judiciaire. L'exécutif est confié au président, le législatif au Parlement (composé de deux chambres), le judiciaire à la Cour suprême d'Argentine composé de sept membres
Le Parlement est composé de deux chambres :
Le Sénat : 72 membres (3 sénateurs par provinces) élus pour six ans.
La Chambre des députés : 257 membres élus au suffrage universel, renouvelables par moitié tous les deux ans. Un tiers des candidats doit être féminin.
Relations internationales:
L'Argentine est membre permanent du Mercosur (communauté économique des pays de l'Amérique du Sud) avec le Brésil, le Paraguay, l'Uruguay et le Venezuela; cinq autres pays y sont associés : la Bolivie, le Chili, le Pérou, la Colombie et l'Équateur[5].
L'Argentine fut le seul pays d'Amérique du Sud à avoir pris part à la première guerre du Golfe en 1991, mandaté par l'ONU[6]. Elle fut également le seul pays latin à participer à l'opération démocratique à Haïti en 1994-95[7]. Enfin elle s'engagea dans la force de maintien de la paix des Nations unies (Casques bleus)[8] à travers le monde dont les conflits concernant Salvador-Honduras-Guatemala-Nicaragua, Équateur-Pérou, le Sahara occidental, l’Angola, le Koweït, Chypre, la Croatie, le Kosovo, la Bosnie-Herzégovine ou le Timor oriental.
En janvier 1998, en reconnaissance de ses contributions à la sécurité internationale, le président des États-Unis Bill Clinton désigna l’Argentine l’un des alliés majeurs hors-OTAN[9]. En 2005, il fut élu membre temporaire au Conseil de sécurité des Nations unies[10].
En 1993, l'Argentine lança l'initiative des casques blancs des Nations unies spécialisé dans l'aide humanitaire[11].
Depuis 2004, les relations habituellement cordiales entre l'Argentine et l'Uruguay se sont progressivement dégradées à cause de la « guerre du papier ». En cause, la construction en Uruguay de deux grandes usines de fabrication de cellulose, pour la production de papier, sur les rives du Rio Uruguay qui marque la frontière entre les deux pays : l'Argentine met en avant les dégâts écologiques que subirait le fleuve. La polémique fut alimentée par une escalade de déclarations de la part des deux États, l'Argentine portant l'affaire devant la CIJ en mai 2006, puis l'Uruguay lui emboitant le pas en novembre 2006. Des blocus routiers en Argentine ont empêché l'approvisionnement en matériaux de construction depuis le Chili, aggravant la situation[12][13]. Les relations économiques et sociales entre les deux pays se sont améliorées en 2007.
En 2005, la ville de Mar del Plata a accueilli le quatrième sommet des Amériques[14], marqué par de nombreuses protestations anti-US[15]. Si bien que l'année suivante, elle mit sa priorité dans les initiatives régionales telles que le Mercosur ou la Banque du Sud après une décennie (durant les années 1990) de partenariat avec les États-Unis.
En contentieux avec le Royaume-Uni, l'Argentine réclame la souveraineté des îles Malouines[16], de la Géorgie du Sud, des îles Sandwich du Sud[17] et des îles Shetland du Sud (ces dernières également revendiquées par le Chili mais les prétentions des trois pays sont gelées depuis la signature du Traité du l’Antarctique) et d'environ 1 million km² du continent Antarctique[18]. Autre sujet de discorde est la frontière avec le Chili, en particulier au sujet du tracé de la frontière extrême sud en Terre de Feu, un traité fut signé en 1984 entre les deux pays au Vatican[19].
Enfin l'Argentine fut l'un des signataires initiaux du Traité sur l'Antarctique[20].
Relations entre l’Argentine et l’Uruguay
L’Uruguay est un État qui se situe à l'est de l’Argentine. Les deux pays sont limités par le fleuve Rio Uruguay. Les relations entre les deux pays, qui sont très proches du point de vue culturel et économique, ont toujours été excellentes.
Cependant, depuis 2005, les relations se sont dégradées. En cause, le gouvernement uruguayen qui voudrait construire une usine sur le fleuve Rio Uruguay qui sert de frontière naturelle entre l’Argentine et l’Uruguay.
Le gouvernement argentin met en avant les dégâts écologiques considérables que subirait le fleuve. De son côté, le gouvernement uruguayen pense que, vu le fort taux de chômage en Uruguay (environ 12%), le pays aurait un besoin urgent du travail que fournirait cette usine. Les écologistes argentins et uruguayens sont eux aussi, contre ce projet d'usine.
Le 28 octobre 2007, lors de l'élection de Cristina Fernandez de Kirchner au poste de présidente de la république argentine, le président uruguayen a appelé Cristina Fernandez afin de la féliciter pour sa victoire. La hache de guerre semble enterrée.
Provinces:
Conformément à la constitution de 1853, révisée en 1994, l’Argentine est une république fédérale organisée en 23 provinces (qui sont en fait des États fédérés, dirigés par des gouverneurs élus) et une cité autonome érigée en district fédéral : Buenos Aires, capitale fédérale qui a un statut spécial. Les 23 provinces sont :
Province de Buenos Aires
(non compris le district fédéral)
Catamarca
Chaco
Chubut
Córdoba
Corrientes
Entre Ríos
Formosa
Jujuy
La Pampa
La Rioja
Mendoza
Misiones
Neuquén
Río Negro
Salta
San Juan
San Luis
Santa Cruz
Santa Fe
Santiago del Estero
Terre de Feu,
Antarctique et
îles de l’Atlantique Sud
Tucumán
Les provinces ont de fait tous les pouvoirs qui n’ont pas été délégués expressément au gouvernement fédéral. Elles sont chargées d’administrer la justice et l’éducation primaire. Elles s’organisent comme elles l’entendent en élisant leurs pouvoirs exécutif et législatif. Les provinces peuvent régler entre elles toutes sortes d’accords de type judiciaire, économique ou social. Le pouvoir exécutif national a seulement le pouvoir d’intervenir afin d’assurer la forme républicaine du gouvernement et de repousser les invasions étrangères.
La majorité des provinces du centre et du nord du pays sont antérieures à l’existence de l’Argentine comme État fédéral, cependant des provinces avec une grande présence aborigène ou une faible population (comme le sont au nord : Chaco, Formosa et Misiones ; et la grande partie sud du pays : La Pampa, Neuquén, Rio Negro, Chubut, Santa Cruz, la Terre de Feu, le territoire argentin en Antarctique et les îles de l’Atlantique sud) étaient à une époque des « territoires nationaux » dépendant du gouvernement fédéral. En devenant des provinces, elles acquirent le même statut administratif que celles qui existaient déjà.
Les derniers territoires à changer de statut furent la Terre de Feu, Antarctique et îles de l'Atlantique Sud qui furent regroupés pour devenir une même et unique province en 1991, en dépit du fait que la définition de cette province contient des territoires contestés en Antarctique (avec le Chili et le Royaume-Uni) et du fait que l’Argentine a ratifié le Traité sur l’Antarctique qui a gelé les prétentions territoriales, et les îles de l’Atlantique sud sont reconnues internationalement comme parties du Royaume-Uni (à l’exception des îles Shetland du Sud intégrées au Traité sur l’Antarctique), seul le litige de souveraineté concernant le partage de la Terre de Feu ayant été résolu (par un traité international signé avec le Chili).
Un des anciens territoires nationaux, le territoire des Andes, ne parvint jamais à se convertir en province. Il fut formé en 1900 et couvrait alors la totalité de la Puna du nord-ouest du pays, mais, en raison d'un développement et d'une population très faibles, il fut dissous en 1943, les territoires étant alors incorporés aux provinces de Jujuy, Salta et Catamarca.
Géographie:
L'Argentine est un pays d'Amérique latine situé au sud du continent. Il se trouve à l'est du Chili (5 150 km de frontières), au sud de la Bolivie (832 km), du Paraguay (1 880 km), et du Brésil (1 224 km) ainsi qu'à l'ouest de l'Uruguay (579 km). L'Argentine possède 4989 km de côtes.
Les coordonnés géographiques de l'Argentine sont 34° 00′ S, 64° 00′ W
Le pays occupe une surface de 2 766 890 km² dont 30 200 km² de mer. L'Argentine revendique aussi 981.182 km² de terres situés dans l'Atlantique sud et dans l'Antarctique.
Si l'on excepte les territoires contestés, l'Argentine est le 4e plus grand pays d'Amérique après le Canada, les États-Unis, et le Brésil et le 8e plus grand dans le monde.
Le point culminant est le mont Aconcagua, 6 960 m, qui se situe dans la Cordillère des Andes.
Économie:
L'Argentine dispose de nombreuses richesses naturelles et d'une main-d'œuvre très qualifiée, d'une agriculture orientée vers l'exportation et d'un tissu industriel diversifié.
En 1913, l’Argentine était l'un des pays les plus riches du monde. Son PIB par habitant le positionnait au 9e rang mondial, plus élevé que celui de la France.
Malgré ces atouts, l'Argentine a accumulé à la fin des années 1980 une lourde dette externe (dette qu'elle ne compte rembourser qu'en partie, « 10 % »), l'inflation atteignait 200 % par mois et la production avait considérablement chuté.
Pour lutter contre cette crise économique, le gouvernement de Menem a lancé une politique de libéralisation du commerce, de déréglementation et de privatisation. En 1991, le gouvernement décida d'ancrer le peso argentin au dollar américain et limita par une loi la croissance de la masse monétaire à la croissance de réserves monétaires.
L'instabilité politique et économique a plongée l'économie argentine dans l'enfer d'une crise sans précédents (2002). Cette crise a emmené plus de 60% de la population sous le seuil de pauvreté. Des manifestations ont alors été organisées, suivies de pillages de magasins.
Le peso était lié au dollar. Le PIB a chuté de 11 % en 2002 avec la fin de la parité 1 peso = 1 dollar.
En 2003-2005 le PIB repart à 8 % de croissance annuelle, en produisant une réactivation économique dans tous les secteurs, une forte réduction de la pauvreté et un retour de la classe moyenne.
Le 1er février 2006, l'Argentine et le Brésil signent, après presque trois ans de négociations, un accord qui doit permettre de protéger les secteurs de production qui pourraient être trop durement affectés par la compétition du pays voisin. Le Mécanisme d’adaptation compétitive (MAC) permet de fixer des droits de douane sur le produit « trop compétitif » du pays voisin pour trois ans, renouvelable une fois.
Depuis 2004, l’Argentine semble avoir pris le bon chemin, le chemin de la forte croissance économique et de l'augmentation des salaires. Mais encore 23% de la population vit sous le seuil de pauvreté.
Monnaie nationale : le peso argentin (ARS)
RNB par habitant : 4 470 $ (2005)
Taux de chômage : 8,7% (2007)[21]
Âge légal pour travailler : 16 ans
Population vivant sous le seuil de pauvreté : 23,4% (second semestre 2007)
Principaux partenaires économiques : Espagne et Union européenne, Mercosur, États-Unis, Chili, Colombie, Cuba
Démographie:
L'Argentine compte près de 40 millions d'habitants. 85% de la population est d'origine européenne, dans un premier temps exclusivement issue des immigrations espagnoles. Après les colons espagnols, il y eu plusieurs vagues d'immigration et d'autres européens s'établirent en Argentine durant les années 1870-1950. La majorité des immigrés européens de l'ancien bloc de l'Ouest venaient d'Italie, d'Espagne ou de France, le reste venant d'Allemagne, de Suisse, du Royaume-Uni, d'Irlande et du Portugal. Les européens du bloc de l'Est sont venus eux de Pologne et des Balkans
On estime que 80% des Argentins sont d'origine espagnole ou italienne et 5% sont originaires d'autres pays européens. Les Amérindiens ne représentent plus que 3% de la population. Les mestizos (métisses de souche hispano-amérindienne) représentent 5 ou 6% de la population actuelle.
La population est très inégalement répartie, puisqu'un tiers de la population (environ 13 millions d'habitants) est concentré dans la capitale et l'agglomération de Buenos Aires (appelée aussi Gran Buenos Aires).
Outre la région de la capitale fédérale, la population est concentrée dans d'autres zones urbaines dont les principales sont : Córdoba (centre, 1,6 million d'habitants), Rosario (est, 1,4 million d'habitants), Mendoza (ouest, 1 million d'habitants), San Miguel de Tucumán (nord, près d'1 million d'habitants).
La population indigène ne représente qu'environ 1 million d'habitants dans les provinces de Patagonie au sud et dans les provinces de Jujuy, Chaco, Formosa et Misiones au nord.
Traditionnellement l'Argentine a joui de niveaux de vie très hauts en comparaison avec d'autres pays de la région, mais la crise économique des années 2001-2002 a diminué toutefois cette impression. Encore ainsi, plus de la moitié de la population est considérée comme étant de la classe moyenne,[22] et depuis la crise, une forte récupération économique a aidé postérieurement à réduire la pauvreté à 23,4% de la population. Plus de 5% de la population vivait en conditions périlleuses, dans villas miserias ou bidonvilles.[23]
Culture:
Même si l'espagnol est la seule langue officielle au niveau fédéral, quelques centaines d’indigènes parlent encore des langues amérindiennes : le quechua dans les régions andines du Nord-Ouest et le guarani dans les provinces de Misiones et de Corrientes (le guarani est co-officiel dans ces provinces).
A noter que l'Espagnol d'Argentine est différent de celui parlé en Espagne, notamment, la prononciation du "ll" qui se dira "ch"(le ch français) en Argentine au lieu de "y" en Espagne. → Castillan Argentin
La forte immigration, dès le XIXe siècle, en provenance de l' Italie a introduit l'usage de l' italien en Argentine qui est désormais considérée comme la seconde langue de la nation.
Buenos Aires posséde son propre argot, le lunfardo.
L’apprentissage de l'anglais ou du français est obligatoire dès le deuxième cycle scolaire. Dans les études supérieures, le portugais peut également être appris.
La principale religion est le catholicisme (qui est la religion d'État), mais d'importantes communautés musulmanes, juives et protestantes sont présentes dans le pays. La constitution garantit, en effet, la liberté de culte.
Religion:
Selon une récente étude, 92% des argentins se déclareraient catholiques dont 18,5% sont pratiquants. Parmi les catholiques, 35% ne se rendraient pas ou peu à l'église. Mais l’Argentine possède également des minorités juives (2% de la population) et protestantes (2% également). Les musulmans et les "sans religions" représenteraient 4% de la population.
Symboles nationaux:
Le drapeau de l'Argentine, créé par le héros national Manuel Belgrano, a inspiré plusieurs peuples latino-américains dans le choix de leur propre drapeau. Il fut en son temps adopté par les Provinces unies d'Amérique centrale, et c'est pour cela que les drapeaux du Salvador, du Honduras et du Nicaragua sont très semblables au drapeau argentin, tout comme celui du Guatemala.
La fleur nationale de l'Argentine est le ceibo, dont le nom scientifique est erythrina crista-galli. Elle fut déclarée comme telle le 23 décembre 1942 par le décret 13 847 du pouvoir exécutif.
L’oiseau national est le hornero ou furnarius rufus, sympathique oiseau que l'on retrouve dans toutes les villes argentines et qui y construit de curieux nids.
La pierre nationale est la Rhodochrosite.
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