Bulgarie:
La Bulgarie, officiellement République de Bulgarie (en bulgare : България, officiellement Република България; en translittération romane ISO 9 : Bălgariya, officiellement Republika Bălgariya), est un pays de l’Europe balkanique, situé en bordure de la mer Noire, au nord de la Grèce et de la Turquie et au sud de la Roumanie. À l’ouest, elle est bordée par la Serbie et la République de Macédoine.
Le 1er janvier 2007, la Bulgarie a adhéré à l’Union européenne, en même temps que la Roumanie. Dès 2012, en principe, les Bulgares auront adopté l'euro.
Relations avec l'Union européenne:
Le 14 décembre 1995 la Bulgarie présente la question concernant son adhésion.
Le 10 décembre 1999 la Bulgarie ouvre la négociation d'adhésion, qui se terminera le 15 juin 2004.
Le 25 avril 2005, le Conseil européen approuve l'adhésion et la Bulgarie, et signe le Traité d'adhésion en vigueur du 1er janvier 2007.
Histoire:
De langue indo-européenne iranienne, les Thraces furent un peuple hautement civilisé peuplant, pendant l'Antiquité, le territoire de l'actuelle Bulgarie. Ils se répartissent en diverses tribus jusqu'à ce que le roi Térès les réunisse autour d'un État, vers 500 avant notre ère. Le royaume de Thrace atteint son apogée sous le règne des rois Sitalkès et Cotys (383-359 avant J.-C.), de la dynastie des Odrysses ; détruit et envahi par la Macédoine de Philippe, le père d'Alexandre, il connaît un renouveau sous Seuthès III en -341. En 188 de notre ère, la Thrace est définitivement intégrée dans l'empire romain qui petit à petit romanise les populations au nord d'une ligne nommée Jirecek (du nom de l'historien du XIXe siècle qui l'identifia), tandis qu'au sud de cette ligne, les Thraces s’hellénisèrent (les chercheurs en histoire connaissent ces influences, mais l'histoire officielle militante n'admet ni romanisation, ni hellénisation chez les Thraces).
À partir du VIe siècle arrivent, le plus souvent pacifiquement, les Slavons, des Slaves qui s'installent parmi les populations thraces romanisées ou hellénisées. Les Slavons deviennent progressivement majoritaires. À partir du VIIe siècle arrivent les Bulgares. À l'origine, il s'agit d'un peuple de commerçants, de cultivateurs et d'éleveurs, gouvernés et protégés par une élite millitaire, issu d'une synthèse ethnique entre des tribus d'Asie centrale - probablement iraniens. Ils commencent à affluer vers l'Europe par vagues successives à partir du IIe siècle après J.C. Au VIIe siècle, les Bulgares du Don s'étaient séparés en deux : une moitié était remontée vers le nord et avait fondé la Bulgarie de la Volga (ultérieurement convertie à l'islam et assimilée par les Tatars), l'autre moitié - menée par le Khan Asparoukh - avait entamé une migration vers l'ouest et fondé en 681 la Bulgarie du Danube, un vaste Khanat qui s'étendait sur les actuelles Bulgarie, Macédoine, Serbie, Hongrie occidentale, Roumanie et Moldavie. Selon des thèses récentes et bien fondées telle que celle qu'émet l'académicien Bojidar Dimitrov, ce premier État bulgare est la continuation directe de l'État de Koubrat le Grand, le père d'Asparoukh, dont l'empire couvrait aussi l'actuelle Ukraine.
En 717, les Bulgares contribuent à sauver Byzance des assauts arabes. Le khan Tervel est appelé par ses contemporains 'Le Sauveur d'Europe'. Entre 861 et 864, la Bulgarie embrasse la foi orthodoxe, adopte le slavon comme langue usuelle et officielle, et atteint sa plus grande extension territoriale sous Siméon, premier tsar. Mais au Xe siècle, en 969, l'empereur byzantin Basile II (surnommé Bulgaroctone, le « tueur de Bulgares »), allié aux Russes de Kiev, attaque la Bulgarie. En 971, il prend Preslav la capitale, et en 1018, il met fin au premier Tzarat et réincorpore la Bulgarie dans l'Empire romain d'Orient.
En 1180, les Bulgares et les Valaques des Balkans se soulèvent avec la dynastie Deleanu et en 1186 créent un Regnum Valachorum gouverné par les Tzars bulgares Kaloyan et Asen, nommé « Valachie bulgare » ou « Second Tzarat », et bientôt remplacé, au bout d'un demi-siècle, par trois Tzarats bulgares (Vidin, Trnovo et Dobritch) qui tombent l'un après l'autre aux mains des Ottomans.
La Bulgarie est entièrement conquise en 1396. Malgré une domination ottomane qui ne prend fin qu'un demi-millénaire plus tard, les tentatives d'islamisation du pays n'ont réussi que très partiellement (Pomaques : bulgares musulmans) ; en revanche, des Turcs se sont installés en Bulgarie (notamment dans l'est du pays) et certains se sont même convertis au christianisme (Gôk-Oguzes). La domination ottomane ne prend effectivement fin que suite à l'insurrection d'avril 1876, qui entraîne la guerre russo-turque de 1877 et le traité de San Stefano du 3 mars 1878, par lequel la Bulgarie acquiert une indépendance relative en tant que principauté autonome. Elle n'accède à l'indépendance véritable que le 22 septembre 1908, en tant que monarchie.
Le pays est profondément impliqué en 1912 et 1913 dans les guerres des Balkans, série de conflits avec ses voisins. Pendant les deux guerres mondiales, elle se retrouve dans le camp des perdants.
Après la Seconde Guerre mondiale, la Bulgarie entre dans la sphère d'influence de l'URSS et devient elle-même une « démocratie populaire » voulant construire le socialisme, en 1946. La domination soviétique s'achève en 1990, quand ont lieu les premières élections multipartites.
La Bulgarie rejoint l'OTAN en 2004 et fait partie de l'Union européenne depuis le 1er janvier 2007. Elle a signé son traité d'adhésion le 25 avril 2005 à Luxembourg.
Politique:
La Bulgarie est une république de type parlementaire depuis 1991.
Le président de la République, chef de l'État, est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il commande les forces armées, propose la nomination du Premier ministre au Parlement et promulgue les lois sur lesquelles il dispose d'un droit de veto partiel (si les députés approuvent une seconde fois le texte, il doit être promulgué). Il est assisté dans ses fonctions par un Vice-Président élu sur le même « ticket » que lui.
Le premier ministre préside le Conseil des ministres et dirige le Gouvernement dont il nomme les membres. Comme dans tout régime parlementaire, c'est le Gouvernement qui dispose de l'ensemble du pouvoir exécutif. Il doit avoir la confiance du Parlement.
Le Parlement (Assemblée nationale) est élu pour quatre ans au suffrage universel, direct, égal et secret. Le scrutin est régional et se fait selon la règle de la proportionnelle avec un seuil minimum de 4% des voix pour être représenté. Il vote la loi, ratifie les traités internationaux, déclare la guerre et contrôle le Gouvernement.
voir aussi: Élections municipales en Bulgarie
Géographie :
Frontières terrestres : 1 808 km (Roumanie 608 km ; Grèce 494 km ; Serbie 318 km ; Turquie 240 km ; République de Macédoine 148 km)
Littoral : 378 km
Extrémités d'altitude : 0 m > + 2 925 m
Économie :
Lignes de téléphone : 3,255 millions (en 2000)
Téléphones portables : 5 000 000 (en 2006)
Postes de radio : 4,51 millions (en 1997)
Postes de télévision : 4,31 millions (en 2006)
Utilisateurs d'Internet : 2 200 000 (en 2006)
Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 26 (en 2000)
Routes : 36 724 km (dont 33 786 km goudronnés) (en 1999)
Voies ferrées : 4 294 km (en 1998)
Voies navigables : 470 km (en 1987)
Nombre d'aéroports : 215 (dont 128 avec des pistes goudronnées) (en 2000)
Indice de développement humain : 0.816 (en 2004) 54e place sur 177 pays
PIB par habitant en PPA : 8 078$ (en 2004) 66e place sur 172 pays
Le pays a connu une grave crise économique en 1996-1997 et est passé sous la tutelle du Fonds monétaire international, qui lui a imposé de sévères restrictions et de nombreuses privatisations.
Durant la décennie 2000, le pays a connu une croissance économique importante dans l'optique de son adhésion à l'Union européenne. En 2004, la croissance s'est élevée à 5,6% et le chômage est passé de 12 à 18%, touchant principalement des catégories discriminées comme les tziganes. Les investissements directs étrangers (IDE) ont atteint un record avec 2,1 milliards d'euros, soit 10% du PIB bulgare. Le pays satisfait aux critères de Copenhague avec une dette publique inférieure à 40% du PIB, un budget en excédent, avec seulement une inflation remontée à 5,5%. Le niveau de vie restant faible et les inégalités fortes, le gouvernement a augmenté de 7% les retraites, de 5% les salaires du secteur public et revalorisé le salaire minimal de 50 à 75 € par mois, ce qui lui a valu aussitôt les foudres du FMI.
Le pays bénéficie d'implantations d'entreprises intéressées par les faibles salaires, mais reste pénalisé par sa faible productivité, ainsi que l'émigration de ses diplômés.
Par sa monnaie forte (calée sur le cours de l'euro) et par sa politique économique, budgétaire et financière stricte, la Bulgarie devrait être en mesure d'adopter l'euro à l'horizon de 2009.
Démographie:
Selon une étude publiée par l'ONU à l'été 2007, la Bulgarie se classe à la 4e place mondiale par le taux de croissance des personnes âgées, à la 7e place par la part de la population âgée de 60 ans ou plus (22,9% contre 11% en moyenne dans le monde) et à la 9e place par l'âge moyen de ses habitants (44,4 ans contre 28 en moyenne dans le monde). Ceci souligne la crise démographique que connaît le pays depuis le milieu des années 1980 et qui s'est accélérée après la chute du régime communiste en 1989. Cette situation s'explique par plusieurs facteurs :
la faiblesse du niveau de vie et l'insécurité socio-économique n'incitent pas à faire des enfants ;
le souhait de consacrer le maximum de moyens à l'éducation des enfants afin qu'ils puissent faire des études longues et de niveau élevé ;
l'arrivée à l'âge de la retraite de la génération du Baby Boom ;
le départ vers l'Europe occidentale, l'Amérique du nord et l'Australie de nombreux jeunes, surtout parmi ceux qui ont fait des études supérieures ;
un des taux d'avortement les plus élevés au monde (750 pour 1000 naissances) malgré l'usage très largement repandu de moyens de contraception modernes.
Le vieillissement de la population a, d'ores et déjà, des conséquence négatives sur la situation économique et sociale et ils ne feront que s'accroître : hausse des pensions de retraite, hausse des dépenses médicales, baisse de la consommation, de l'épargne et de l'investissement, baisse des recettes du régime de sécurité sociale et, par voie de conséquence, déficits croissants du système de protection sociale auxquels la croissance économique en recul ne pourra pas remédier. Selon les experts, cette tendance ne pourra s'inverser, en Bulgarie (comme dans les autres pays européens), ni à court, ni à moyen terme.
Population : 7 707 495 habitants (en 2001). 0-14 ans : 15,11% ; 15-64 ans : 68,17% ; + 65 ans : 16,72%
Densité : 69,5 hab./km² (en 2001)
Espérance de vie des hommes : 68 ans (en 2001)
Espérance de vie des femmes : 75 ans (en 2001)
Taux de croissance de la population : - 1,14% (en 2001)
Taux de natalité : 8,06 ‰ (en 2001)
Taux de mortalité : 14,53 ‰ (en 2001)
Taux de mortalité infantile : 14,65 ‰ (en 2001)
Taux de fécondité : 1,2 enfants/femme (en 2004)
Taux de migration : - 2,5 ‰ (en 2004)
Taux d'urbanisation : 66% (en 1990)
Culture:
Musique bulgare
Théâtre bulgare
Cinéma bulgare
Elin Pelin (1877-1949), écrivain-conteur.
Boyan Papazov (né en 1943), scénariste et dramaturge.
Yordan Raditchkov (1929 - 2004) romancier et dramaturge
Personnalités bulgares ou d’origine bulgare:
Khan Asparoukh, fondateur de l'État bulgare en 681.
Boris Ier de Bulgarie, instaurateur du christianisme 864.
Tsar Simeon, le roi des Bulgares et des Grecs de 897 jusqu'en 927 ; Âge d'Or de la culture bulgare.
Kaloyan, le roi vainqueur contre les chevaliers menés par Baudouin IX de Flandre en 1204.
Vasil Ivanov Kunchev-Levski, organisateur des comités et organisations dans le territoire de Bulgarie pour la révolte d'avril 1876 contre les Turcs.
Hristo Botev, patriote, poète, journaliste et revolutionnaire (1849 - 1876)
John Atanasov, inventeur et créateur du premier ordinateur digital entièrement électronique - l'ABC.
Alexis Weissenberg, pianiste français née en Bulgarie en 1929
Sylvie Vartan, chanteuse française née en Bulgarie en 1944
Julia Kristeva, philosophe, psychanalyste et écrivain français d'origine bulgare.
Tzvetan Todorov, un sémiologue, un linguiste et un philosophe français d'origine bulgare.
Nikola Georgiev, professeur, théoricien de la littérature
Christo Javacheff, artiste américain d'origine bulgare.
Hristo Stoichkov, joueur de football, né en 1966 à Plovdiv.
Georgi Ivanov, premier spationaute bulgare le 10 avril 1979, héros du Socialisme de Bulgarie.
Veselin Topalov, champion de monde d'échecs 2005 FIDE.
Tourisme :
Depuis 1995, le tourisme balnéaire s'est fortement développé le long de la mer Noire, notamment à Sunny Beach (Slanchevbriag), première station balnéaire du pays, située près de Bourgas ou, plus au nord, à Albena ou aux Sables d'Or (Zlatni Pyasatsi), près de Varna. Jadis réservée à la nomenklatura communiste, Sunny Beach et les autres stations balnéaires sont désormais le lieu de villégiature de nombreux touristes occidentaux.
Dans l'oblast de Blagoevgrad, on peut visiter le Parc des Ours Dansants à Belitsa, l'une des plus grande structure d'accueil pour les ours en Europe, fondé en 2004 grâce à l'association autrichienne Vier Pfoten. Certains sites historiques sont également d'intérêt : on citera notamment Veliko Tarnovo, dont la citadelle est parfois l'objet d'un spectacle son et lumière retraçant l'histoire de la Bulgarie à travers les siècles.
En hiver, certaines stations de ski comme Pamporovo situées dans les monts Rhodopes, non loin de la frontière avec la Grèce, attirent elles aussi leur lot de touristes étrangers et nationaux.
La Bulgarie est connue pour ses monastères, ses eaux minérales thermales et curatives, ses vins et son célèbre yaourt. Elle possède de nombreux trésors culturels et des circuits touristiques commencent à être organisés.
Sofia, la capitale, a deux visages. D'une part, elle ne manque pas de charmes avec ses maisons qui datent de la fin du XIXe siècle et certaines rues encore pavées. D'autre part, Staline et son influence ont marqué la ville. Plovdiv, la seconde ville du pays possède un cœur historique bien conservé et nombreux vestiges archéologiques témoignent du passage des Romains dans la région.
Insolite : à quelques kilomètres au sud de Gabrovo, non loin du mémorial de Chipka, se trouve un bâtiment qui semble tout droit sorti de la Soupe aux choux. Cet « ovni » n'est autre qu'une ancienne salle de congrès soviétique aujourd'hui abandonnée près de Bouzloudja. Les murs et plafonds délabrés et dangereux ne suffisent pas à repousser le visiteur. Le site offre la sensation étrange de découvrir une ville fantôme, un vestige du communisme fixé dans le passé.
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