Albanie:
L’Albanie (Shqipëri, « pays de l’aigle ») est une république du sud-est de l’Europe, à l’ouest de la péninsule des Balkans, avec une ouverture sur la mer Adriatique et sur la mer Ionienne. Le pays a une frontière au nord avec le Monténégro, au nord-est avec le Kosovo, à l’est avec la République de Macédoine et au sud avec la Grèce.
Sa population est d’environ 3,5 millions en 2005, sur un territoire montagneux à 70 % (selon l’INED ce chiffre n’est que de 3,2 millions en 2007 [2] ).
Tirana en est la capitale, avec presque 1 million d’habitants ; les autres villes principales du pays sont : Durrës (environ 190 000 habitants), Elbasan et Shkodër chacune avec environ 100 000 habitants, Vlora (95 000), Korçë (80 000) et Berat (70 000).
Constituée en tant qu’État à l’issue des guerres balkaniques en 1912, l’Albanie demeure un pays mal connu du fait de son isolement politique durant la seconde moitié du XXe siècle.
Histoire:
Les Albanais descendraient vraisemblablement des Illyriens, peuple indo-européen qui s’installa dans la région de la côte dalmate au XXe siècle av. J.-C. Un royaume illyrien s’est étendu de la côte dalmate aux régions côtières de l’Albanie actuelle et a atteint l’apogée de sa puissance sous le règne du roi Agron, au milieu du IIIe siècle av. J.-C. Il est devenu une forte puissance maritime, mettant ainsi en danger le commerce de la République romaine dans la région. En -168, Rome conquiert l’Illyrie, qui est sous son autorité pendant plus de cinq siècles. L’Albanie devient un centre important reliant Rome et Byzance par la Via Egnatia. À cette période, les ports albanais comme Dyrrachium (Durrës), Apollonie ou Oricum deviennent d’importantes places commerciales. Le nom d'Albanoï apparaît pour la première fois au IIe siècle de notre ère, dans un texte du géographe Ptolémée. Ce nom réapparaît ensuite régulièrement, à partir du Xe siècle, sous la plume des chroniqueurs byzantins.
Relations avec l’Union européenne:
L’Albanie mène avec l’Union européenne le parcours d’adhésion à l'Union. Au cours des dernières années des progrès plus ou moins de vastes dans les différents domaines concourant au processus d’adhésion (démocratie, état de droit, économie) ont pu être observés. Les étapes suivantes ont déjà été franchies :
12 juin 2006 : signature de l’Accord de stabilisation et d'association;
9 novembre 2006 : transmission auprès du secrétariat général de l’Union européenne des moyens devant permettre de ratifier l’Accord de stabilisation et d’association;
Politique:
La politique de l'Albanie prend place dans un système de république parlementaire, démocratique et représentative, par laquelle le Premier Ministre est le chef de gouvernement, dans un système multipartite. Le pouvoir exécutif est exercé par le gouvernement ; le pouvoir législatif est détenu tant par le gouvernement que le parlement, l'Assemblée de la République d'Albanie (Kuvendi i Republikës së Shqipërisë). Depuis 1991, et l'introduction du pluralisme, le système politique est dominé par le conservateur Parti démocratique d'Albanie et le Parti socialiste d'Albanie d'après-communisme.
Géographie:
L’Albanie est un pays montagneux (70%), dont le point culminant s’élève à 2753 m (mont Korab). Le reste est constitué de plaines alluviales, dont le terrain est plutôt de piètre qualité pour l’agriculture, alternativement inondé ou desséché. Les terres les plus fertiles sont situées dans le district des lacs (lac d'Ohrid, Grand Prespa et Petit Prespa) et sur certains plateaux intermédiaires entre la plaine et la montagne. La seule île notable est celle de Sazan qui fut tour à tour occupée par diverses grandes puissances européennes.
Le plus grand fleuve albanais est la Drini. Long de 282 km, elle est un des seuls à connaître un débit relativement stable tout au long de l’année. Les autres cours d’eau sont généralement presque secs durant l’été, même les rivières Semani et Vjosa qui ont pourtant une longueur de plus de 160 km.
Le climat y est méditerranéen dans les régions littorales (moyenne hivernale : 7°), et devient plus continental dans le relief. Les précipitations sont assez élevées (1 000 à 1 500 mm annuels), le flux d’air humide rencontrant la masse d’air continentale plus froide, surtout pendant l’hiver, qui est la saison pluvieuse.
Ressources naturelles : pétrole, gaz naturel, charbon, chrome, cuivre, bois, nickel, potentiel hydroélectrique.
Économie:
L’Albanie est sortie malade de l'héritage communiste. L'isolement a eu des conséquences importantes sur l'économie. Avec les ressources naturelles importantes et la variété de climats à l'intérieur de son territoire, l'Albanie aurait pu être un pays prospère. Néanmoins, une série de facteurs politiques et historiques, ont fait que celle-ci demeure un pays en développement. Son histoire a été profondément marquée par les quarante-cinq années d'autoritarisme et autarcique mis en place par Enver Hoxha qui s'est maintenu jusqu'en 1991 et qui donnait l'importance principale au secteur primaire, sans favoriser l'agriculture. De plus, le communisme a été le principal frein économique. Sans compter les nombreuses guerres qui ont sévi durant des siècles, ainsi que l’occupation ottomane, pendant presque cinq cents ans, qui a fait reculer l'Albanie par rapport aux autres pays occidentaux et qui l'a morcelée, cela en raison de la féodalité de l'Empire ottoman.
L’Albanie reste le deuxième pays le plus pauvre d’Europe. 25 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, situation accentuée dans le nord du pays. L’agriculture représente un quart du PIB et l’économie parallèle a un poids important. Les structures économiques restent fragiles et dépendantes de l’aide extérieure et des transferts de revenus de l’émigration (environ 14 % du PIB). En 2004, le déficit budgétaire représentait 5% du PIB et la dette publique s’élève à 56 % du PIB. Néanmoins, la productivité s’améliore sensiblement depuis environ une décennie et connaît depuis 2003 une croissance régulière (6 %) dans un contexte d’inflation modérée. Le pays dispose en outre d’une situation géographique favorable à son développement et d’une ouverture sur la mer, d’un large éventail de ressources naturelles et d’un potentiel touristique. Elle espère profiter de son rapprochement avec l’UE pour attirer les investissements étrangers et développer ses échanges commerciaux.
Démographie:
L'Albanie est l'un des peuples les plus homogènes ethniquement parlant. 94% de la population est composé d'Albanais de souche, répartis en deux groupes : les Guègues (au nord) et les Tosques (au sud), dont le fleuve Shkumbin constitue la ligne de partage. Les Grecs (2%), les Aroumains (3%), les Tziganes, les Serbes et les Macédoniens constituent les groupes minoritaires. Les Albanais, qui descendraient des illyriens, sont également présents dans certaines régions et pays voisins, tels que le Kosovo, l'ouest de la République de Macédoine, dans le nord de la Grèce et dans certaines régions du Monténégro.
Convertie à l'islam par les Turcs pendant l'occupation, l'Albanie compte actuellement trois religions principales : les musulmans (58,8%), les orthodoxes (24,1%) et les catholiques (16,8%). Les clivages religieux jouent un faible rôle dans l'Albanie d'aujourd'hui, en raison de la tradition très ancienne de coexistence pacifique entre les diverses religions, qui se manifeste dans la devise « Feja e shqiptarit është shqiptaria » - « la religion de l'Albanais est l'albanitude », datant de la Renaissance albanaise au XIXe siècle. Aussi, la politique athée du régime d'Enver Hoxha a atténué le sentiment religieux. Parmi les musulmans, on compte deux grandes obédiences: des musulmans sunnites et des bektashis (courant mystique qui se rattache à la tradition chiite et est marqué par une très grande tolérance religieuse et culturelle). Les bektashis ont joué un rôle déterminant dans la lutte des Albanais pour une autonomie au sein de l'empire Ottoman. Pendant la deuxième guerre mondiale, de nombreux dignitaires bekta
hi ont pris part à la résistance armée aux côtés du Parti Communiste. Ils n'en furent pas moins impitoyablement éliminés par le nouveau régime. L’Albanie ayant subi un isolement complet durant 45 ans, elle doit aujourd'hui encore poursuivre sa reconstruction et son intégration sur la scène internationale.
L’Albanie est le pays d’Europe qui connaît la plus forte émigration, avec plus d’un tiers de ses ressortissants vivant à l’étranger, soit environ 900 000 personnes en 2006, principalement dans les deux pays frontaliers : la Grèce et l’Italie. Ce phénomène est dû à un niveau de vie parmi les plus bas du continent européen. En conséquence, la population du pays a diminué de 100 000 habitants entre 1991 et 2001, malgré un solde naturel positif. Le phénomène d’émigration se poursuit même si les données officielles semblent le sous-estimer[3].
Langue:
L'albanais est une langue parlée en Albanie, en Macédoine, au Monténégro, au Kosovo ainsi que dans certaines poches isolées d'Italie (Arbëresh) et de Grèce. Les deux principaux dialectes ont connu des développements différents au cours du dernier millénaire :
le guègue, parlé dans la région nord de l'Albanie délimitée par le fleuve Shkumbin ;
le tosque, parlé au sud de ce fleuve ainsi que dans les enclaves italiennes et grecques.
Dans l'ensemble, les deux communautés linguistiques se comprennent entre elles, mais il existe de nombreuses formes dialectales. La langue officielle de l'Albanie était un dialecte guègue méridional de 1909 jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale ; il fut après cette date remplacé par le tosque. Les œuvres littéraires écrites en caractères de l'alphabet latin, peu nombreuses sont, pour la plupart, postérieures au renouveau national du XIXe siècle.
L'albanais constitue une branche distincte, « groupe thraco-illyrien » de la famille des langues indo-européennes ; on n'a pu établir aucun lien clairement défini avec quelque autre sous-famille indo-européenne.
Étant donné la présence d'une communauté d'origine grecque, on retrouve dans la région de Gjirokastre des panneaux de signalisation routière bilingue en albanais et en grec.
Statistiques:
Capitale : Tirana
Population 4 124 801 habitants (en 2006). 0-14 ans: 30%; 15-64 ans: 64%; + 65 ans: 7%
Âge moyen (en années) : 27
Superficie : 28 748 km²
Densité : 128 h/km²
Frontières terrestres : 720 km (Kosovo et Monténégro 287 km Grèce 282 km; République de Macédoine 151 km)
Littoral : 362 km
Altitude maximum : 0 > + 2 753 m
Espérance de vie des hommes : 70 ans (en 2006)
Espérance de vie des femmes : 76 ans (en 2006)
Taux de croissance de la population : 0,88% (en 2001)
Taux de natalité : 17 pour 1000 (en 2006)
Taux de mortalité : 5 pour 1000 (en 2006)
Taux de mortalité infantile : 6 pour 1000 (en 2006)
Taux de fécondité : 2,6 enfants/femme (en 2006)
Taux de migration : -3,69 ‰ (en 2001)
Date de l'indépendance : 28 novembre 1912
Nombre de lignes de téléphone : 324 000 (en 2006)
Nombre de téléphones portables : 2.6M (en 2006)
Nombre de postes de radio : 1M (en 2006)
Nombre de postes de télévision : 900.000 (en 2006)
Utilisateurs d'Internet : 471.200 personnes (en 2006)
Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 9 (en 2006)
Kilométrage de routes : 22 500 km (dont 17 200 km goudronnés) (en 2006)
Kilométrage de voies ferrées : 447 km (en 2001)
Voies navigables : 43 km (en 1990)
Nombre d'aéroports : 11 (dont 3 avec des pistes goudronnées (en 2000)
Bibliographie:
Georges Castellan, Histoire de l'Albanie et des Albanais, Crozon, Editions Armeline, 2002 ; Un pays inconnu : la Macédoine, Crozon, Ed. Armeline, 2003.
Serge Metais, Histoire des Albanais, Paris, Editions Fayard, 2006.
"L'Aigle des Balkans. Zog Ier, Roi D'Albanie." Biographie romancée du Roi Zog, de Jean-Luc Tourenne, Paris, Ed. Sensei, 2002, (ISBN 2-8483-8000-4)
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