Malte:
Malte (Repubblika ta' Malta ou République de Malte) est un État insulaire, membre de l’Union européenne depuis le 1er mai 2004. Elle a intégré la zone euro le 1er janvier 2008.
C'est un archipel constitué de neuf îles, quatre sont habitées Malte, Gozo, Comino et Manoel, cinq autres sont inhabitées Cominoto, Filfla, Saint-Paul (deux îles) et Fungus Rock. L’archipel est situé entre la mer Méditerranée orientale et occidentale à environ 80 kilomètres (Gozo) au sud de la Sicile, 290 kilomètres à l’est de la Tunisie, 340 kilomètres au nord de la Libyeet 570 Km à l’ouest de la Grèce (Céphalonie). Sa localisation stratégique lui a valu les convoitises de nombreuses civilisations au cours des âges.
Histoire:
Malte est peuplée vers 5200 av. J.-C. et une civilisation préhistorique importante existe sur l’île avant l’arrivée des Phéniciens (à partir du IXe siècle avant J.-C.) qui lui donnèrent le nom de Malat (c’est-à-dire « lieu sûr »). Des Grecs s’installent également sur l’emplacement de l’actuelle Mdina vers 736 av. J.-C. et apportent un régime démocratique à Malte. L’île passe ensuite sous le contrôle de Carthage (600 av. J.-C.) puis des Romains (218 av. J.-C.), avant d’être conquise par les Arabes en 870.
En 1090, les Normands, maîtres de la Sicile, menés par le comte Roger de Hauteville, s’emparent de Malte. En 1127, l’île passe sous domination sicilienne. Pendant cette période, les Maltais se rechristianisent mais conservent leur langue proche de l’arabe, tout en empruntant massivement une partie de leur vocabulaire au sicilien et à l’italien. L'archipel accueille des familles juives chassées d'Espagne en 1492.
Lorsque Charles Quint se rend, une première fois, en Italie en 1529, pour se faire couronner empereur par le pape Clément VII, ce dernier intercéda en faveur de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem[1], un ordre hospitalier et militaire consacré en son temps à la défense du Royaume latin de Jérusalem, pour que celui-ci retrouve une souveraineté après avoir été chassé de Rhodes par les Ottomans. C’est à Bologne le 24 mars 1530, que Charles Quint signe le diplôme concédant à l’ordre « en fief perpétuel, noble et franc, les villes, châteaux et îles de Tripoli, Malte et Gozo avec tous leurs territoires et juridictions. » ensemble hérité des possessions de Naples et de Sicile[2],[3]. Délaissant Mdina, ancienne capitale de l’île, l’Ordre installe son Couvent dans le port de Birgu où le grand maître Philippe de Villiers de L'Isle-Adam fit édifier plusieurs fortifications en vue de mettre l’île en état de défense contre une éventuelle attaque des Ottomans.
Le Grand Siège intervient le 19 mai 1565 quand Mustapha Pacha et l’amiral Piali Pacha font débarquer à Marsaxlokk un premier contingent de leurs 40 000 soldats. Le grand maître Jean Parisot de La Valette ne peut opposer qu’environ 9 000 hommes dont 592 chevaliers. Le grand siège de Malte se termine le 13 septembre, après l’arrivée des renforts siciliens du vice-roi Don Garcia de Tolède, par la défaite des Ottomans qui perdent plus 12 000 hommes dont le corsaire Dragut. Les pertes maltaises s’élèvent à environ 9 000 personnes dont des femmes, des enfants, des vieillards, qui n'avaient pu être évacués en Sicile, et 313 chevaliers[4],[5]. La victoire est célébrée avec éclat et reste une des plus grandes victoires de la chrétienté sur l'empire ottoman[6].
En 1675 puis de nouveau en 1676, une épidémie de peste frappe l'île faisant 11 300 victimes sur une population estimée à 60 000 habitants.
La domination de l'Ordre prend fin en 1798 avec la prise de l’île par Napoléon Bonaparte lors de son voyage vers l'Égypte. En 1800, les Maltais appellent les Britanniques à l’aide en raison du pillage systématique de l’île par les troupes napoléoniennes et plusieurs lois impopulaires promulguées par Bonaparte. En 1802, le traité d'Amiens ordonne le rétablissement de la souveraineté sur l'île à l'Ordre mais rencontre l'opposition du Congrès national. Les Britanniques refusent alors de rendre l’archipel à l’ordre de Malte et l’annexent officiellement à l’Empire britannique en 1816 après la signature du traité de Paris. Toutefois les Britanniques ne sont pas mieux acceptés que les Français : ils imposent unilatéralement leur langue et accaparent le pouvoir politique et économique. Cette situation d’exploitation coloniale provoque en retour la montée de revendications nationalistes et les Britanniques doivent concéder une nouvelle constitution augmentant le nombre d’élus maltais au Conseil législatif puis reconnaître (1934) la langue maltaise.
Durant la Seconde Guerre mondiale, Malte joue un rôle important en raison de sa position stratégique qui gêne considérablement le ravitaillement des armées de l’Axe en Afrique du Nord dans leur tentative de s’emparer du canal de Suez. Cela lui vaut la Croix du roi George pour sa résistance héroïque face au blocus et aux bombardements incessants (16000 tonnes de bombes faisant 2 000 victimes), croix qui figure aujourd’hui sur le drapeau national. L’indépendance du pays est reconnue le 21 septembre 1964 mais Malte conserve la reine Élisabeth II à sa tête comme de nombreux pays du Commonwealth. Ce n’est que 10 ans plus tard, le 13 décembre 1974, sous l’impulsion du premier ministre Dom Mintoff que Malte proclame la république et élit un président à sa tête. En 1984 se déroulent d'importantes manifestations contre des mesures de restriction de l'enseignement religieux et des biens du clergé. Cette même année, le pays signe des accords avec la Libye et l'URSS. L’adhésion de Malte à l’Union européenne devient effective le 1er mai 2004, 11 ans après le début des premières négociations.
Géographie:
Le territoire maltais est un archipel, situé au centre de la mer Méditerranée, à la frontière entre la Méditerranée occidentale et la Méditerranée orientale et entre l’Afrique du Nord (cap Bon) et à 100 km du sud de l’Europe (Sicile).
Seules les trois îles principales sont habitées : Malte, Gozo (Għawdex) et Comino (Kemmuna). Les îlots de Cominotto et de Filfla restent sans résidents permanents. L’île de Malte mesure 27 km dans sa plus grande longueur et 14,5 km dans sa plus grande largeur. Son point culminant est le Ta'Dmejrek (253 m).
Le climat local est de type méditerranéen, avec des hivers pluvieux et des étés chauds et secs.
Contrairement à ce qui peut être pensé, le sud de Malte n’est pas le point le plus au sud de l’Union européenne (qui est en fait l’île grecque de Gavdos 34°50′N 24°05′E / 34.833, 24.083).
L’archipel maltais est situé sur la plaque tectonique africaine.
Politique:
Le président de la République est élu par le parlement maltais (Kamra tar-Rappreżentanti) et nomme comme premier ministre le chef du parti vainqueur des élections. Le président nomme également, sur recommandation du premier ministre, les différents ministres du gouvernement choisis parmi les députés élus.
Le parlement est composé de 65 à 69 députés élus selon un système proportionnel. Les élections législatives ont lieu tous les 5 ans.
Subdivisions:
Depuis 1993, Malte est subdivisée en 68 conseils locaux (également appelés localités), qui sont d’ailleurs l’entité administrative la plus petite : il en existe 53 sur Malte et 15 sur Gozo. Il n’y a pas d’entité intermédiaire entre ces localités et le gouvernement national.
Économie:
Les ressources économiques de Malte sont le calcaire, un bon emplacement géographique et une main-d’œuvre productive. Cependant, Malte ne produit qu’environ 20 % de ses besoins alimentaires, possède des ressources en eau limitées et n’a pas de sources d’énergie qui lui sont propres. L’économie est dépendante du commerce extérieur (particulièrement en tant que point de transbordement du fret maritime), du tourisme et de l’industrie (notamment électronique et textile et des casinos virtuels). Malte est en fait un territoire répondant à la qualification de « paradis financier » : depuis une étude publiée en 1998 par les Nations unies, il est classé comme « zone à risques » en matière de blanchiment d'argent, en raison notamment de l’existence de mécanismes off-shore, de l’application d’un secret bancaire fort et du développement de trafics en tous genres. Malte est également un pavillon de complaisance bien connu.
Malte a privatisé plusieurs entreprises publiques afin de préparer son entrée dans l’Union européenne en 2004. Malte et la Tunisie sont en discussions pour l’exploitation commerciale du plateau continental qu’ils partagent, particulièrement en ce qui concerne la prospection pétrolière.
Depuis le 29 avril 2005, la lire maltaise fait partie du mécanisme de taux de change européen, dit MCE II, en vue de l’adoption de l’euro, effective depuis le 1er janvier 2008.
Les résidents de nationalité britannique ne paient pas d’impôts.
Démographie:
Malte est l’un des pays les plus densément peuplés du monde avec une densité de population d’environ 1 250 habitants par kilomètre carré. En 1569, la population était de seulement 10 000 habitants. La population est majoritairement composée des descendants des Phéniciens, Arabes, Italiens et Britanniques. Une forte communauté d’étrangers, principalement des Britanniques, est implantée à Sliema et aux alentours. De plus, une population maghrébine (2250 en 2001) de plus en plus importante s’installe sur l’île, principalement due à l’immigration irrégulière.
Il existe une importante diaspora maltaise, le dernier recensement, réalisé en 1988, dénombrait 800 000 expatriés.
La religion d’État est le catholicisme romain mais chacun est libre d’exercer la religion de son choix car la liberté de conscience est garantie par la constitution.
Il y a 97% de catholiques, 1% de chrétiens non-catholiques (orthodoxes et protestants), 1% de musulmans et 1% sans religion.
Culture:
Le malti est une langue sémitique formée d'un substrat phénicien avec d'importants apports arabes, italiens, espagnol, turques, occitans, normands, français et anglais, dut autant aux intenses échanges commerciaux et culturels qu'aux multiples vagues d'invasions, sans oublier les vagues d'émigrations parfois forcés, (razzias, sécheresses, famines, épidémies, crises économiques) suivit d'un fort pourcentage de retour au pays.
La culture maltaise est fortement imprégnée par la religion catholique, celle-ci étant la religion de 95 % de la population. [1]
Bibliographie:
Jacques Godechot, Histoire de Malte, Col. Que sais-je, Presse Universitaire de France, Paris (1970)
Simon Mercieca, Les chevaliers de Saint-Jean à Malte, Casa Editrice Bonechi, Florence (2005), Miller Distributors Limited, Malta ISBN 88-476-1681-6 |