Croatie:
La Croatie ( en croate : Hrvatska), officiellement République de Croatie (en croate : Republika Hrvatska listen écouter) est un État d'Europe du Sud qui s'étend de l'extrémité orientale des Alpes, sur ses confins au nord-ouest et des plaines pannoniennes au nord-est, jusqu'au littoral de la mer Adriatique au sud, en passant par le massif montagneux des Alpes Dinariques au centre. Elle est entourée par la Slovénie, la Hongrie, la Serbie, la Bosnie-Herzégovine et le Monténégro. Sa capitale est Zagreb. La Croatie est candidate à l'adhésion à l'Union européenne et à l'OTAN.
Les principales villes de Croatie sont Zagreb, Split, Dubrovnik, Rijeka, Osijek, Zadar, Slavonski Brod, Pula, Šibenik et Varaždin.
Relations avec l'Union européenne :
Le 21 février 2003 la Croatie présente la question d'adhésion.
Le 3 octobre 2005 la Croatie ouvre la négociation d'adhésion.
Histoire :
La Croatie fut, tout au long de son histoire, au carrefour de quatre grands espaces culturels, ce qui confère une richesse à son patrimoine, tant architectural qu'artistique. Outre le caractère slave de ses habitants qui remonte à la fin du VIe siècle, la Croatie a subi les influences vénitiennes sur la côte dalmate d'une part, et les influences austro-hongroises dans les plaines du nord de Slavonie et dans le bassin du Danube d'autre part. Cet héritage vient se superposer à celui préroman – romain et byzantin – plus diffus mais auquel elle doit sa tradition chrétienne. Le voisinage immédiat de l'Empire ottoman, du XVe au XIXe siècle, dont l'expansion s'est arrêtée en terre croate, a également eu son importance puisque la Croatie en a hérité ses frontières actuelles en forme de « fer à cheval ».
La Croatie contemporaine est également l'héritière du Royaume croate médiéval, d'abord indépendant puis associé en 1102 à la couronne hongroise et en 1527 intégré aux terres des Habsbourg, devenues l'Autriche-Hongrie de 1867 à 1918. Au début du XVe siècle, la province côtière de Dalmatie devint vénitienne pour quatre siècles, puis française de 1809 à 1814, au sein des Provinces illyriennes qui mirent fin à la république de Raguse. Les Croates aspirèrent à la formation d'un Royaume de Croatie-Slavonie-Dalmatie, dans le cadre de la monarchie austro-hongroise, mais l'accord austro-hongrois de 1867 laissa la Dalmatie à l'Autriche, tandis que la Croatie et la Slavonie demeurèrent en Hongrie.
Si les Croates ont toujours lutté, depuis la fin du XIe siècle, pour conserver leur autonomie, le sentiment pan-slave et yougo-slave s'y développa à partir des années 1830. Le XIe siècle vit, pour la première fois, la Croatie unie à ses voisins slaves. De 1918 à 1941, ce fut sous la forme d'un royaume centralisé sous le sceptre d'une dynastie serbe, au sein du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, qui fut renommé Royaume de Yougoslavie le 6 janvier 1929 (Yougoslavie signifiant Pays des Slaves du Sud). En 1941, après l'invasion de la Yougoslavie par les armées du IIIe Reich, l'État indépendant de Croatie – État fasciste satellite de l'Allemagne nazie – fut mis en place par cette dernière. Par rapport à la Croatie actuelle, cet État fut amputé d'une partie de la Dalmatie et de l'Istrie (annexées par l'Italie), mais engloba la quasi-totalité de la Bosnie-Herzégovine. Parallèlement, un Conseil antifasciste de la guerre de Libération de Croatie (ZAVNOH) rassembla la résistance croate au sein des partisans (Yougoslavie) de Josip Broz Tito. En 1945, la Croatie fut libérée comme le reste de la Yougoslavie par les partisans communistes. Dès novembre 1943, les partisans annoncèrent leur projet de mettre en place une nouvelle Yougoslavie qui serait fédérale. La Croatie devint un État fédéré au sein de la République fédérale socialiste de Yougoslavie composée de six républiques.
Le 25 juin 1991, à la suite des premières élections multipartites de Croatie en 1990, celle-ci, comme la Slovénie, déclara son indépendance. Le gouvernement fédéral ne reconnut pas cette déclaration et, au nom de la préservation de l'État fédéral et de la minorité Serbe de Croatie, mena une guerre sous couvert de pacification. La Croatie fut reconnue internationalement le 15 janvier 1992. La nouvelle armée croate mena des opérations contre les forces de la République serbe de Krajina soutenues par l'Armée populaire yougoslave (JNA), notamment en 1995, les opération éclair en Slavonie Occidentale et opération Tempête pour reconquérir la République serbe de Krajina. Ces opérations entraînèrent l'exode de 150 000 Serbes, principalement vers la Bosnie-Herzégovine et la Serbie. La Slavonie orientale et la Syrmie occidentale furent rendues pacifiquement à la souveraineté croate, en 1998.
L'élection du modéré Stjepan Mesić, en 2000, à la suite du décès du nationaliste Franjo Tuđman qui avait dirigé le pays au cours des dix années précédentes, a constitué un tournant politique et économique majeur. Le pays s'est démocratisé et ouvert sur l'Europe, les auteurs d'exactions pendant les conflits militaires ont été poursuivis, il a mené une politique de privatisations et s'est ouvert aux investissements étrangers. Cela s'est fait, toutefois, avec de fortes résistances internes du fait de la présence de nationalistes extrémistes dans certaines structures de l'appareil d'État (défense) et dans certaines régions (Split). La Croatie s'est officiellement déclarée candidate, le 21 février 2003, à l'adhésion à l'Union européenne et le statut d'État candidat lui a été reconnu officiellement le 17 juin 2004. L'ouverture des négociations d'adhésion a, toutefois, été retardée du fait de la coopération insuffisante de la Croatie, avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), en ce qui concerne l'arrestation des personnes suspectées d'avoir commis des crimes.
Politique :
Depuis l'adoption en 1990 de la constitution, la Croatie est une démocratie parlementaire.
Le président de la République de Croatie (Predsjednik) est le chef de l'État ; il est également le chef des armées et il a le devoir de désigner le président du gouvernement (le « premier ministre ») avec l'accord du Parlement. Il a également une certaine influence sur la politique étrangère. Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, renouvelable.
Le parlement croate unicaméral ou Sabor est composé d'un maximum de 160 représentants élus au suffrage universel pour une durée de 4 ans. Les sessions plénières se déroulent du 15 janvier au 15 juillet et du 15 septembre au 15 décembre.
Le gouvernement croate (Vlada) est dirigé par le président du gouvernement (habituellement qualifié de « premier ministre » dans les médias anglo-saxons et francophones), qui a deux vice-présidents et treize ministres chargés de divers secteurs d'activité. Le pouvoir exécutif a la charge de proposer des lois et un budget, de veiller à l'application des lois et de guider la politique intérieure et étrangère de la République.
L'élection du modéré Stjepan Mesić, en 2000, à la suite du décès de Franjo Tuđman qui avait dirigé le pays au cours des dix dernières années, a constitué un tournant politique majeur. Grâce à cette élection et à la victoire des partis modérés aux élections législatives tenues la même année, le pays s'est démocratisé et ouvert sur l'Europe. La victoire en novembre 2003 des conservateurs du HDZ et la nomination de Ivo Sanader à la tête du gouvernement marque une seconde alternance. Aux élections présidentielles du 16 janvier 2005, Stjepan Mesić a été réélu au second tour pour un second mandat présidentiel face à Jadranka Kosor avec plus de 60 % des suffrages.
La Croatie a obtenu, le 17 juin 2004, le statut de candidat à l'Union européenne et le Conseil de l'Union européenne a reconnu, le 3 octobre 2005, qu'elle remplissait l'ensemble des conditions pour lancer les négociations d'adhésion. Ceci n'a été possible qu'après que le gouvernement croate a accepté de mieux coopérer avec le TPIY. La Croatie est également candidate à l'OTAN. Elle a par ailleurs obtenu au Sommet de Ouagadougou en novembre 2004 le statut d'observateur au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie, malgré le faible nombre de personnes parlant le français.
Économie :
Le processus de transition d'un système d'économie planifiée vers une économie de marché a commencé à la fin des années 1980, mais la désindustrialisation et les dommages dus à la guerre d'indépendance ont ralenti cette mutation. Les privatisations commencées pendant la guerre d'indépendance ont été entachées de scandales politico-financiers.
Le pays s'est engagé dans un vaste programme de reconstruction mené par le gouvernement : depuis 1996, la moitié du parc immobilier détruit a été rebâti quasiment sans aide internationale, tandis que la croissance du PIB a atteint une moyenne de 6%, et l'inflation annuelle moyenne sur cinq ans demeure inférieure à 4 %. Depuis la fin de la guerre, le pays connaît une croissance économique assez rapide.
La situation macro-économique de la Croatie est plutôt bonne, avec une inflation contenue (estimation 2005 : 3,3 %) et une croissance assez soutenue (2005 : 4 %). Le déficit public, bien qu'important est en décroissance (2004 : 4,2 %, 2005 : 3,7 %, prévision 2006 : 3,3 %, objectif 2007 : 3 %). Le niveau de la dette externe est élevé (85 % du PNB), même s'il faut garder à l'esprit que l'endettement public est plus modéré (65 % du PNB). La Croatie a conclu en août 2004 un accord avec le FMI, lui accordant un prêt de 140 millions d'euros, sous réserve d'une réduction sensible du déficit budgétaire consolidé et d'une stabilisation de l'endettement externe. Il devrait être prolongé.
Les échanges extérieurs sont fortement déséquilibrés, le taux de couverture des importations n'étant que de 43 %. Les revenus générés par l'industrie du tourisme (17 % du PIB) compensent en partie de déficit de la balance commerciale. La balance des paiements croates est caractéristique de celle d'un pays en transition. La balance commerciale est très déficitaire mais le déficit des paiements courants n'est que de 5 % grâce à l'importance des revenus touristiques (officiellement le tourisme représente 25 % du PIB). Le PIB par habitant (2004) est de l'ordre de 6 500 euro par habitant et de 11 200 $ (soit 41,6% de la moyenne de l'Union européenne) en termes de parité de pouvoir d'achat par habitant.
La Croatie a une économie principalement basée sur les services, et un peu sur l'industrie légère. Le problème économique principal est un chômage structurel important. La poursuite des réformes structurelles est programmée. La BERD, la BEI et la Banque mondiale jouent un rôle essentiel dans le financement des projets et des entreprises.
Démographie :
La population de la Croatie est stable depuis la dernière décennie. Le taux de natalité est stable (moins de +/- 1 %), la transition démographique a été atteinte il y a environ cinquante ans. L'espérance de vie moyenne est d'environ 75 ans, et le taux d'alphabétisation est de 98,5%, ce qui est assez élevé.
La Croatie est habitée principalement par les Croates (89,6 %). Il y a également une vingtaine de minorités, dont la plus grande sont les Serbes (4,5 %), tandis que les autres ont moins de 0,5 % chacune.
La religion principale est le catholicisme (87,8 %). Il y a aussi des minorités chrétiennes orthodoxe (4,4 %) et musulmane sunnite (1,3 %). Toutes les autres religions ensemble couvrent moins de 1 % de la population.
Les langues officielles et les plus courantes sont le croate et l' italien, une langue slave, qui utilise l'alphabet latin étendu par quelques signes diacritiques. Moins de 5 % de la population utilise une autre langue comme langue maternelle. L'italien est langue officielle dans la région de l'Istrie (notamment dans les villes de Pola/Pula, Rovigno/Rovinj, Umago/Umag).
Langue :
La langue officielle de la Croatie est le croate qui est une langue du groupe méridional des langues slaves, de la famille des langues indo-européennes. Même si les linguistes utilisent le terme de serbo-croate pour définir la langue parlée en Croatie, en Bosnie-Herzégovine, en Serbie et au Monténégro, officiellement le serbo-croate n'existe plus, chaque pays nommant sa langue croate, bosnien, serbe ou monténégrin. Il n'y a pas d'isoglosse entre ces langues (les locuteurs se comprennent spontanément, sans traducteur), leur définition est historique et politique. Par contre il y a des différences partielles de lexique (certains mots, certaines conjugaisons ou déclinaisons varient) et une différence d'alphabet : il est latin en croate et dans la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine, et aussi cyrillique en Serbie, au Monténégro et dans la République serbe de Bosnie.
Statistiques:
Population : 4 437 460 habitants (en 2001). 0-14 ans: 18,16%; 15-64 ans: 66,61%; + 65 ans: 15,23%
Superficie : 56 594 km² (plus 31 067 km² d'eau)
Densité : 78,5 hab./km²
Frontières terrestres : 2 028 km (Bosnie-Herzégovine 932 km; Slovénie 501 km; Hongrie 329 km; Serbie 266 km)
Littoral : 5 835 km (partie continentale: 1 777 km; îles: 4 058 km)
Extrémités d'altitude : 0 m > + 1 830 m
Espérance de vie des hommes : 71,8 ans (en 2005[1])
Espérance de vie des femmes : 78,8 ans (en 2005[1])
Taux de croissance de la population : -2,1% (en 2006[1])
Taux de natalité : 10,35 ‰ (en 2004)
Taux de mortalité : 6,1 ‰ (en 2004[1])
Taux de mortalité infantile : 6,72 ‰ (en 2006)
Taux de fécondité : 1,4 enfant/femme (en 2006)
Taux de migration : 13,37 ‰ (en 2001)
Indépendance : 25 juin 1991 (ex-Yougoslavie)
Lignes de téléphone : 1,9 million (en 2004)
Téléphones portables : 2,9 millions (en 2002)
Postes de radio : 1,5 million (en 1997)
Postes de télévision : 1,22 million (en 1997)
Utilisateurs d'Internet : 1 014 000 (en 2003)
Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 9 (en 2000)
Routes : 28 588 km (dont 1365 km d'autoroutes) (en 2005)
Voies ferrées : 2 726 km (en 2005)
Voies navigables : 785 km
Nombre d'aéroports : 68 (dont 23 avec des pistes goudronnées) (en 2005)
Liberté de la presse selon Reporters sans frontières[2];: Classée 53e ex æquo (classement mondial 2006 - 168 pays)
Codes :
La Croatie a pour codes :
CRO, selon la liste des codes pays du CIO,
HR, selon la liste des codes internationaux des plaques minéralogiques,
HR, selon la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays), code alpha-2,
HR, selon la liste des codes pays utilisés par l'OTAN, code alpha-2,
HRV, selon la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays), code alpha-3,
HRV, selon la liste des codes pays utilisés par l'OTAN, code alpha-3,
LD, selon la Liste des préfixes des codes OACI des aéroports,
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