Burundi:
Le Burundi est un pays d'Afrique de l'est, dans la région des Grands Lacs, entouré de la République démocratique du Congo à l'ouest, du Rwanda au nord, et de la Tanzanie à l'est et au sud.
Origines:
L'histoire de toute la période pré-coloniale est sujette à caution : des interprétations idéologisées du passé, soit par le colonisateur pour son propre profit, soit par l'une deux principales ethnies ont pu altérer la réalité historique. Aucune trace écrite n’existant, seuls quelques indices peuvent renseigner les historiens. De plus, la région est loin d’offrir le calme nécessaire à de telles recherches. Cette histoire mythique pose les même problèmes que celle du Rwanda.
Au début de l'histoire connue de la région, les Twa, que leur petite taille apparente aux tribus pygmées, peuplaient les rives du lac Kivu et vivaient de la chasse. Puis, vers le XIVe siècle seraient venus les Hutu, agriculteurs bantous qui défrichent la forêt, puis les Tutsi, pasteurs venus du nord, que les explorateurs européens auraient voulu rattacher à Cham. Les recherches récentes montrent que les Hutu et les Tutsi seraient présents dans la région au moins depuis le premier millénaire après JC, et que les mouvements de population peuvent être de nature très différente que celle des premières hypothèses.
Certains mettent en doute la nature du peuplement (mais jamais la présence ancestrale des Twa) : l'origine chamitique des Tutsi en particulier, avancée par les premiers colons, est l'hypothèse la plus remise en question par des historiens depuis une trentaine d'années. Cette version est aussi refusée par les Hutu qui y voient une référence prestigieuse propre à renforcer l’aura des Tutsi (le peuple de Cham étant cité dans la Bible comme issu de Cham, fils de Noé). En réalité, très peu de Tutsi revendiquent cette ascendance qui est nécessairement liée à l’évangélisation du pays et non aux cultures de l'Afrique des grands lacs. Ces théories sont à l'origine de la nature de l'ethnisme au Rwanda et au Burundi.
Pendant la période monarchique, la population se référait à des clans localisés dans leurs régions. Ces clans avaient une prégnance qui relativisait alors l'identité socioprofessionnelle, et n'étaient pas structurés selon l'identité, Hutu, Tutsi ou Twa, mais pouvaient être plus ou moins majoritairement constitués par l'une ou l'autre catégorie (contrairement au Rwanda où chaque clan était indifféremment constitué de Hutu, de Tutsi et Twa). Cela explique sans doute l'évolution actuelle du Burundi qui revendique l'ethnisme dans sa constitution, contrairement au Rwanda qui l'a aboli depuis le génocide de 1994 et dans la constitution depuis 2003. Une lignée princière, les Ganwa, d'où sont issus les rois du Burundi, dominait l’ensemble de la population, Hutu, Tutsi et Twa.
Il est généralement admis que les Tutsi, par un code à l'avantage des pasteurs, s'étaient affirmés comme la caste dominante et gardaient les Hutu sous leur joug. Cette perception est en fait due à la colonisation belge, qui imposa la domination tutsie décrétée comme une "race supérieure", et perçue comme initiale. La colonisation belge pratiquant le diviser pour régner avait favorisé l’accumulation des frustrations.
Les Twa ne représentent plus que 1% de la population burundaise mais n’ont jamais été l'objet de massacres. Ils étaient toutefois considérés par les deux autres groupes comme impurs : on ne devait ni boire, ni manger avec eux. En contrepartie, ils bénéficiaient d'une liberté de parole dans la société (même du temps des mwamis). Ils peuvent être comparés aux fous des cours royales européennes du Moyen Âge.
Au-delà de la notion d'ethnie, sujette à débat dans la communauté africaine, beaucoup voient dans les Hutu et les Tutsi un peuple de même origine que seule une différence de classe entre les pasteurs Tutsi et les agriculteurs Hutu sépare. D’ailleurs cette différenciation entre pasteurs et agriculteurs est toute relative : les uns et les autres pratiquent à la fois l'agriculture et l'élevage. Le critère essentiel de la notion d'ethnie est la langue. Or, tous les Burundais parlent la même langue, le kirundi et ont la même foi ancestrale en Imana, comme les Rwandais. On ne peut donc pas parler d'ethnie, sauf à se baser comme les colonisateurs sur des critères raciaux qui n'ont pas été confirmés par les sciences actuelles.
Politique:
Le Burundi est une république multi-partite à régime présidentiel où le Président occupe les charges de chef de l'État et chef du gouvernement. Le pouvoir exécutif est aux mains du gouvernement tandis que les deux chambres du Parlement (Sénat et Assemblée nationale) partagent le pouvoir législatif avec le gouvernement.
Géographie:
Situé sur un plateau au cœur de l'Afrique, le Burundi jouit d'un climat équatorial tempéré par l'altitude (1'700 mètres en moyenne au centre, plus bas en périphérie). Le Mont Heha, au sud-est de Bujumbura, culmine à 2'670 mètres. Une bande de terre longeant le fleuve Ruzizi, au nord du Lac Tanganyika, est la seule région dont l'altitude est inférieure à 1000 mètres. Cette région fait partie du Rift Albertine, extrême ouest de la Vallée du grand rift. Voir aussi: Villes du Burundi
Économie:
L'économie du Burundi est principalement rurale, basée essentiellement sur l'agriculture et l'élevage. La production agricole se répartit entre les produits destinés à l'export, comme le café, le thé et le coton, et la culture vivrière.
La population dépend à plus de 90% de cette agriculture, qui représente plus de 50% du PIB (800 M.US$ en 1999). L'industrie comptait pour 18% du PNB en 1999, et les services 32%.
La population active a été multipliée par deux entre 1990 et 1999, passant de 2 millions de personnes à 4 millions ; un actif sur deux est une femme, et la moitié de la population active a entre 10 et 14 ans.
Le Burundi est signataire du Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture.
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