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Éthiopie:
L'Éthiopie, officiellement la République Démocratique Fédérale d’Éthiopie, est un pays situé dans la Corne de l'Afrique, qui a été privé de son accès à la mer suite à l’indépendance de l’Érythrée en 1993. L’Éthiopie partage des frontières communes avec l’Érythrée, correspondant à sa zone colonisée par l’Italie au nord, le Soudan à l’ouest, le Kenya au sud, Djibouti au nord-est et la Somalie à l’est.
Second pays d’Afrique par sa population, l’Éthiopie est l’une des plus anciennes nations au monde, et l’une des seules nations d’Afrique à avoir conservé sa souveraineté pendant le démembrement de l’Afrique au XIXe siècle. Considéré comme le berceau de l’humanité[1], l’Éthiopie voit cohabiter une population chrétienne, étant la deuxième plus ancienne nation chrétienne au monde et maintenant cette tradition depuis 330, et une population musulmane, notamment dans la région du Harar, ville sainte de l'Islam.
Sur le plan international, l’Éthiopie est membre de la Société des Nations de 1923, signataire de la Déclaration des Nations unies dès 1942 et un des 51 États Membres fondateurs de l’ONU. Sa capitale, Addis-Abeba, est aujourd’hui le siège de l’Union Africaine dont Haïlé Selassié a été l’un des principaux promoteurs (sous le nom d’OUA).
Histoire :
L'Italie envahit l'Éthiopie en octobre 1935 et occupa la capitale du 5 mai 1936 au 5 mai 1941.
En 1974, une junte militaire (Derg) destitua l'empereur Hailé Sélassié Ier qui régnait depuis 1930. La junte établit un État socialiste dirigé par Mengistu Haile Mariam. Soutenu militairement par l'URSS et Cuba[2], Mengistu souhaitait vider le Nord de ses habitants, à cause de leur hostilité au régime. En 1987 est créé le « Parti des travailleurs d'Éthiopie » (EWP); l'Éthiopie devient une « république démocratique populaire ». En 1991, après avoir subi plusieurs tentatives d'assassinat, Mengistu abandonna le pouvoir et s'enfuit du pays.
Un régime démocratique est alors institué. Une nouvelle Constitution donne des compétences accrues aux provinces, faisant de l'Éthiopie un État fédéral. Mais certaines marges de cet ancien empire aspirent progressivement à l'autodétermination et les partis et mouvements indépendantistes connaissent un fort engouement.
L'Érythrée déclare son indépendance en 1993, après des années de lutte armée. Une guerre éclate entre les deux pays de 1998 à 2000, faisant plus de 80 000 morts.
Le 15 mai 2005, des élections générales pour renouveler les 548 sièges de l'Assemblée des représentants du peuple ont lieu. L'opposition (Coalition pour l'unité et la démocratie (CUD)) affirme depuis que sa victoire lui a été « volée » par le parti au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire du peuple.
Au début du mois de novembre de la même année, de violentes manifestations ont lieu à Addis-Abeba, provoquant la mort d'au moins 33 personnes et l'arrestation de 2 000 opposants, dont des dirigeants du CUD.
Les principaux partis politiques éthiopiens sont :
le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE), présidé par Meles Zenawi, au pouvoir depuis 1991 ;
la Coalition pour l'unité et la démocratie (CUD), présidée par Hailu Shawel, qui constitue la principale force d'opposition ;
les Forces démocratiques éthiopiennes unies (FDUE), présidées par Beyene Petros.
Le régime actuel tente donc de consolider son pouvoir, relativement fragile, en s'opposant sur la scène internationale à l'Érythrée, qui symbolise l'ennemi extérieur, ainsi qu'à l'Organisation des Tribunaux Islamiques en Somalie. Les partis d'opposition dénoncent ce qu'ils considèrent comme une manœuvre dangereuse qui chercherait à créer de faux problèmes à l'étranger pour masquer ceux, bien réels, que le Gouvernement ne réussirait pas à gérer (chômage, illettrisme, corruption, etc.).
Politique:
Le fonctionnement des institutions éthiopiennes est codifié par le texte constitutionnel ratifié en décembre 1994 et entré en application le 22 août 1995.
Le régime parlementaire institué alors repose sur deux assemblées (bicaméralisme) qui représentent le pouvoir législatif :
la Chambre des représentants du peuple : composée de 549 députés élus au suffrage universel direct tous les cinq ans, elle est compétente en matières législative, fiscale et budgétaire;
la Chambre de la Fédération : composée de 108 membres élus au suffrage indirect par les représentants des régions, elle a essentiellement un rôle de contrôle constitutionnel.
Le pouvoir exécutif possède davantage de compétences. Il est divisé en deux pôles dont le rôle est inégal :
le chef de l'État, président de la République, a une fonction honorifique. Élu pour six ans par la Chambre des députés, le président n'exerce pas la réalité du pouvoir. Le poste est actuellement détenu par ato (monsieur) Girma Wolde-Giyorgis Lucha, d'origine oromo, élu en octobre 2001 et réélu le 9 octobre 2007;
le premier ministre mène la politique du pays. Choisi par le parti majoritaire à la Chambre des députés (sur le modèle britannique), il est désigné pour un mandat quinquennal, renouvelable une fois. Il choisit les 18 membres de son cabinet gouvernemental. Ato Meles Zenawi occupe ce poste depuis près de dix ans. D'origine tigréenne, artisan du changement politique, il est le chef du parti de coalition majoritaire au Parlement (le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien - FDRPE). Les dernières élections ont eu lieu en mai 2005.
Le pouvoir judiciaire repose sur la Cour suprême fédérale, séparée par la constitution des pouvoirs législatif et exécutif.
Géographie:
L'Éthiopie se trouve dans la péninsule du nord-est de l'Afrique, dite corne de l'Afrique. Dépourvue de tout littoral depuis l'indépendance de l'Érythrée, elle partage ses frontières avec la Somalie, le Soudan, le Kenya, la République de Djibouti et l'Érythrée. Le pays a un plateau central dont l'altitude varie entre 1800 et 3000 mètres, avec une altitude maximale de 4620 mètres pour le Ras Dashan.
Le climat est tempéré sur le plateau et chaud sur le bas pays.
Le pays a été exploré et cartographié de 1838 à 1848 par Antoine d'Abbadie d'Arrast.
Subdivisions:
La Constitution de 1994 a mis en place un système fédéral reposant sur neuf « régions ethniques » (ethnico-linguistiques : Tigré, Afar, Amhara, Oromia, Somali, Gambela, Harar, Région des nations, nationalités et peuples du Sud, Benishangul-Gumaz) et deux régions autonomes (Addis-Abeba et Dire Dawa).
Chaque région est subdivisée en cantons (kébélé) et municipalités (woreda). Elles disposent de leur propre gouvernement et d'un droit constitutionnel à l'autodétermination et à la sécession. Ces dispositions, bien que théoriques, marquent la fin de l'unité éthiopienne réalisée depuis Ménélik II et consolidée sous Hailé Sélassié Ier. Elles sont significatives des hommes qui ont pris le pouvoir à la suite de Mengistu, à savoir des hommes combattant pour l'indépendance de leur région (Meles Zenawi pour le Tigré, Issayas Afeworki pour l'Érythrée, dont il est aujourd'hui le président).
Économie:
De par le maintien de son indépendance historique au sein de l’Afrique, l’Éthiopie est l’un des premiers pays africains à entrer de plain-pied dans l’économie de marché. Ceci se solde notamment par la création par Ménélik II dès 1906 de la première banque éthiopienne « The Bank of Abyssinia ».[3] L’Éthiopie est alors rapidement soumise à l’influence des capitaux étranger. Paradoxalement le pays sera le premier pays africain à payer « l’abandon du colonialisme territorial pour le Néo-colonialisme » [4].avec une prédominance des capitaux anglais au cours du XXe siècle, et restant séparée de ses zones côtières et de ses ports du fait de la colonisation italienne de l’Érythrée, et aujourd’hui encore de part l’indépendance de l’Érythrée. Pour Joseph E. Stiglitz, prix nobel d’économie, ce pays est un exemple flagrant des dérives de la mondialisation et de l’échec de la politique du FMI, voir « FMI, la preuve par l’Éthiopie », Le Monde diplomatique, Avril 2002 [5]
Aujourd'hui, 90 % de la population active éthiopienne est dans le secteur agricole. L'Éthiopie est le berceau de l'araire. Les agriculteurs des Hauts Plateaux pratiquent une agriculture vivrière et traditionnelle. Le teff, l'éleusine et l'ensete (« faux-bananier ») sont trois espèces cultivées sur les Hauts Plateaux. Elles représentent les principales productions alimentaires selon les régions. Le teff est une céréale encore méconnue, peu d'études ont été à ce jour réalisées sur ses propriétés. Mais c'est surtout le café qui occupe une place centrale dans l'économie éthiopienne : au cœur de la tradition éthiopienne, la culture du café occupe 400.000 hectares et la production totale tourne autour de 230.000 tonnes, dont plus de la moitié est consommée en Éthiopie où la tradition du café est bien ancrée.[6]. Les volumes exportés ont représenté jusqu’à 60% de la valeur totale des marchandises exportées de l'Éthiopie. Complètement libéralisé depuis la chute du Derg, l'emprise des multinationales sur l'économie du café et ses cours, ainsi que les conséquences sur les petits producteurs a été à de nombreuses reprises dénoncée par des ONG : "Selon un rapport de l'ONG Oxfam, le café est « une véritable mine d’or pour les torréfacteurs internationaux » tandis que les producteurs « ne reçoivent qu’environ 6% de la valeur du paquet de café vendu dans les supermarchés et les épiceries."[7], critique notamment popularisé par le documentaire "Black Gold" sorti en 2005[8].
Selon une délégation d'un groupe de parlementaires français (intitulée "pour un renforcement de la présence française dans la Corne de l'Afrique" [9]: "Grande puissance africaine, l'Éthiopie, malgré des réformes récentes, souffre dans le même temps d'une économie précaire et d'un état sanitaire qui ne sont manifestement pas en adéquation avec les ambitions qu'elle s'est assignée sur la scène internationale.
Septième pays le plus pauvre de la Terre, avec un PIB par habitant inférieur à 100 $, l'Éthiopie, en dépit de potentialités agricoles non négligeables, est toujours confrontée au défi de la sécurité alimentaire. Son PIB a décru de 3,8 % en 2003, avec de surcroît une inflation annuelle de près de 15 %. Elle reste très dépendante de l'assistance des bailleurs de fonds tout en étant handicapée par une dette extérieure importante (6 milliards de $, soit près d'une année de PIB) encore aggravée par la chute des cours internationaux des produits qu'elle-même exporte (le café, notamment).
Sur le plan des structures, quinze ans après la chute du régime collectiviste de Mengistu, l'économie éthiopienne demeure refermée sur elle-même et marquée par le poids excessif de l'État, qui s'y exerce soit directement, soit à travers tout un réseau d'entreprises publiques dont l'actuel gouvernement ne semble pas pressé de se départir (le programme des privatisations lancé par le Premier ministre, M. Melès Zenawi est quasiment figé depuis trois ans).
Enfin, l'Éthiopie pâtit d'une sorte d'enclavement économique qui peut sembler paradoxal si on le rapporte à la taille et à la population de ce pays, assez vaste pour constituer en eux-mêmes un marché intérieur offrant de nombreux débouchés." [10].
Culture:
Outre l'amharique, langue de travail de l'État, parlée par 29 % de la population, plus de 80 autres langues sont parlées dans le pays; parmi les plus répandues on compte l'oromo, le somali, le tigrinya et l'afar.
Près de la moitié de la population est de religion chrétienne orthodoxe ou copte. L’Église d’Éthiopie, rattachée à l’Église copte d’Égypte, était Église d’État jusqu’en 1974. L'islam est pratiqué par environ 30 % de la population, principalement dans le Sud et l'Est. Quelque 10 % des Éthiopiens sont animistes. Jusque dans les années 1980 existait une petite minorité de juifs éthiopiens, les Falachas, au nombre de 30 000 personnes environ, qui ont été transplantées en Israël dans les années 1990.
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