Ouzbékistan:
La République d'Ouzbékistan (O'zbekiston Respublikasi en ouzbek, Ðåñïóáëèêà Óçáåêèñòàí en russe) est un pays d'Asie centrale de près de 27 millions d'habitants, ancienne république soviétique, un État indépendant depuis le 31 août 1991, entouré par le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l'Afghanistan et le Turkménistan. Sa capitale est Tachkent, une métropole de 2,3 millions d'habitants.
Histoire :
Tout au long de son histoire, le territoire de l'actuel Ouzbékistan fut la plupart du temps dominé par les grands empires environnants de Perses, Grecs, Arabes, Mongols ou Russes pour devenir un État à part entière en 1991.
Les premières civilisations apparues en Ouzbékistan furent en Sogdiane, Bactriane et Khwarezm (Chorasmia). Au VIe siècle av. J.-C., ces États devinrent des parties de l'empire perse des Achéménides.
Le pays fut pris par Alexandre le Grand en 327 av. J.-C., alors qu'il mena campagne contre Darius III. Cette conquête mit fin à la dynastie des Achéménides.
Entre le IIIe siècle av. J.-C. et le IIe siècle après J.-C., la Sogdiane et la Bactriane tombent dans les mains du royaume gréco-bactrien, des peuples nomades des Yuezhi, des Scythes, des Parthes ou encore des Koutchéens bouddhistes. Sous ces derniers, la ville sogdiane de Samarcande devient une plaque tournante de la Grande route de la soie entre la Chine et l'Europe.
Par la suite, entre le IIe et le VIe siècles, l'actuel Ouzbékistan se retrouve en possession des Sassanides perses, puis des Huns blancs venus des confins de la Chine.
L'Ouzbékistan est occupé par des Turcs (Köktürks) entre le VIe et le VIIIe siècles.
Les arabes, menés par les troupes du général Qutayba ibn Muslim conquirent l'actuel Ouzbékistan vers 712 dont le contrôle fut consolidé suite à la Bataille de Talas. Ils instaurent l'islam auprès des peuples centrasiatiques pratiquant alors le zoroastrisme.
Les Samanides furent la première dynastie perse à reprendre le pouvoir en Ouzbékistan entre 819 et 1005 après la conquête arabe.
Politique:
La Constitution du 8 décembre 1992 a institué un régime de type présidentiel, avec un Parlement devenu bicaméral fin 2004 (Olii Majlis et Sénat). L'Ouzbékistan a un régime présidentiel fort.
Les principaux membres du pouvoir exécutif sont le :
Président de la République : Islom Karimov (depuis mars 1990)
Premier Ministre : Shavkat Mirziyoyev (nommé en décembre 2003)
Ministre des Affaires Etrangères : Vladimir Norov
Le 23 décembre 2007 le président Karimov a été à nouveau élu pour 7 ans. En dépit des dispositions de la Constitution lui interdisant de briguer plus de 2 mandats consécutifs, par un jeu subtil d'interprétations, il a ainsi pu s'assurer de rester à la tête de l'état ouzbek pour plus de 25 ans.
La République d'Ouzbékistan est membre de l'ONU, de l'OSCE, de l'UNESCO, de l'OMS, de l'Organisation mondiale du tourisme, etc. Le 21 décembre 1991 Ouzbékistan devient membre adhérent à la Communauté des États indépendants, regroupant 12 des 15 anciennes républiques de l'URSS. Depuis le 27 janvier 2006 elle fait partie de la Communauté économique eurasienne, et depuis le 15 août 2006, membre de l'Organisation du Traité de sécurité collective, signe de rapprochement avec Moscou.
165 États ont reconnu l'Ouzbékistan, dont 103 ont établi des rapports diplomatiques avec lui. Plus de quarante missions diplomatiques exercent leurs fonctions à Tachkent.
Géographie :
Avec une surface de 447 000 kilomètres carrés (approximativement la taille de l'Espagne ou de la Californie), partagée entre la plaine désertique, les bassins et les oasis et dominée à l'est par les montagnes, l'Ouzbékistan s'étend sur 1 425 kilomètres d'ouest en est et 930 kilomètres du nord au sud. Frontalier au sud-ouest du Turkménistan, du Kazakhstan et la mer d'Aral au nord, du Tadjikistan et du Kirghizistan à l'est, l'Ouzbékistan n'est pas seulement l'un des plus grands États d'Asie centrale, c'est aussi le seul ayant une frontière commune avec les quatre autres. L'Ouzbékistan partage aussi une frontière avec l'Afghanistan au sud.
Avec le Liechtenstein, c'est le seul État au monde à être doublement enclavé, c'est-à-dire qu'il faut traverser au moins deux autres États pour avoir un accès direct à l'Océan mondial[1].
L'Ouzbékistan est un pays essentiellement désertique dont seulement 10 % des terres sont exploités par l'homme (cultures agricoles intensives et vallées irriguées). Le Kizil-Koum, l'un des déserts les plus étendus de l'Asie centrale, couvre une grande partie du territoire à l'ouest de l'Ouzbékistan. Une partie du désert du Karakoum traverse également le pays au sud-ouest.
L'Amou-Daria et le Syr-Daria sont les plus importants fleuves de l'Ouzbékistan et de l'Asie centrale et se jettent dans la Mer d'Aral. La longueur totale de l'Amou-Daria est de 1437 km, celle du Syr-Daria est de 2137 km. Au nord-est et au sud s'étendent les chaînes de Tian Shan et de Guissar-Alay. Le sommet le plus élevé du pays est l'Adelunga Toghi qui culmine à 4301 mètres.
Le climat est de type continental, sec et très contrasté, relativement froid en hiver (jusqu’à - 10° dans certaines régions), très chaud l’été (+ 35° à 40°, voire plus). L'hiver 2007-08 fut l'un des plus froids dans le pays avec les températures atteignant les -30⁰C, du jamais vu depuis 40 ans dans une région aux hivers plutôt doux.[2]
La Mer d'Aral, partagée entre l'Ouzbékistan et le Kazakhstan, subit depuis les années 60 une diminution spectaculaire, situation qui représente dorénavant un véritable désastre écologique pour la région. Entre 1960, quand elle couvrait 68 000 km², et 2000, sa superficie fut divisée par deux. L'évolution actuelle laisse présager la disparition totale de la Mer d'Aral à l'horizon de 2025.
Subdivisions :
L'Ouzbékistan est divisé en 12 régions (viloyat, pluriel viloyatlar), une ville (shahri) et une république (région) autonome de Karakalpakistan (respublikasi) :
Toshkent Shahri (Tachkent)
Andijon Viloyati (Andijon)
Buxoro Viloyati (Boukhara)
Farg‘ona Viloyati (Ferghana)
Jizzakh Viloyati (Jizzakh)
Namangan Viloyati (Namangan)
Navoiy Viloyati (Navoiy)
Qashqadaryo Viloyati (Qarshi)
Samarqand Viloyati (Samarcande)
Sirdaryo Viloyati (Guliston)
Surxondaryo Viloyati (Termiz)
Toshkent Viloyati (Tachkent)
Xorazm Viloyati (Urganch)
La République du Karakalpakistan (Qoraqalpog‘iston Respublikasi) (Nukus), c'est-à-dire la république des Karakalpaks.
Note : le centre administratif est placé entre parenthèses après le nom de la région.
La capitale nationale, Tachkent, en plus d'être le siège de son viloyat, est également, administrativement, une ville.
Population :
L’Ouzbékistan est le pays d’Asie centrale le plus peuplé (près de 26 millions d’habitants). Les Ouzbeks ethniques, peuple de langue turque, constituent officiellement près de 80 % de la population. Les russes ethniques représentent la minorité la plus importante avec 6 % (en constante diminution depuis le milieu des années 80). Les autres minorités sont constituées par les Tadjiks 5,5 %, les Kazakhs 4 %, les Tatars 4 %, les Karakalpaks 1,9 %, les Coréens 1,1 %, ainsi que les Kirghizes et les Turcs meskhètes. L’essentiel de la minorité russe vit à Tachkent et dans les autres centres industriels. Les Tadjiks sont concentrés dans les cités historiques de Boukhara et Samarcande. Les Karakalpaks résident principalement dans la république autonome du Karakalpakistan. Cependant, divers rapports (notamment de spécialistes basés aux États-Unis et en Europe) affirment que la minorité Tadjike est beaucoup plus présente en Ouzbékistan que cela n'est officiellement admis.
La langue officielle du pays est l’ouzbek, parlée par 17 millions de personnes dans le pays (65,6 % de la population). Le russe, principalement à Tachkent et dans les grandes villes, reste une langue importante de communication. Les langues tadjike et karakalpake sont également largement utilisées localement.
La religion musulmane (de rite sunnite) est majoritaire (près de 90 % de la population) en Ouzbékistan. Les autres religions représentées sont l’orthodoxie (9 %), le judaïsme, le luthérianisme, le catholicisme et l’église baptiste. Le pays est officiellement laïc.
37% de la population ouzbek vit dans les villes, 63% à la campagne. Elle est essentiellement jeune, la population en âge de travailler représente seulement 54% du total (plus 7% de retraités).
Données démographiques :
Croissance démographique : 1,65 % (estimations 2004)
Espérance de vie : 64 ans
Taux d’alphabétisation : 99,3 %
Indice de développement humain (Classement ONU) : 107e
Économie:
L'Ouzbékistan est un pays agro-industriel. 38% de la population active est occupée dans l'agriculture majoritairement irriguée (cultures du coton, des fruits, des primeurs, du riz, de la luzerne, des vignes ou encore des céréales fourragères, élevage ovin et bovin et sériciculture).
Le pays dispose également d'importantes richesses minières (gaz naturel, uranium, cuivre, pétrole) ce qui contribua à l'industrialisation du pays dans l'après-guerre et a totalisé récemment une bonne partie des investissements étrangers dans les secteurs de l'extraction minière, du raffinage du pétrole ou encore de la machinerie agricole et de l'assemblage de voitures.
Dès l’indépendance, le président Karimov a fait le choix d’une stratégie de réforme graduelle visant notamment à atteindre l’autosuffisance énergétique et alimentaire du pays. Cependant, la croissance économique reste soumise à des fluctuations régulières. Tributaire des recettes d’exportation (coton et or pour une large part), le développement de l’économie ouzbèke a été freiné par les résultats en demi-teinte de la récolte du coton dont l’Ouzbékistan est le 4e producteur mondial.
De plus, sans véritable stratégie de réformes, les autorités du pays ont multiplié les faux pas (comme, par exemple dans le domaine des changes, ayant refusé la convertibilité de la monnaie nationale jusqu'en 2003) et des actions restrictives et dirigistes envers les petites et moyennes entreprises, ce qui entraîna une stagnation dans le milieu des affaires. Seulement le petit commerce de rue et les entreprises ayant le droit privilégié de faires les opérations d'importation ont pu prospérer tandis que le tissu économique général resta de facto soit étatique, soit sous une forte emprise de l'État. On notera également une forte emprise sur les nouveaux secteurs économiques à haute valeur ajoutée, surtout dans la capitale Tachkent, exercée par la fille du président Karimov, Goulnora.
La situation économique de l’Ouzbékistan reste en effet fragile : l’adoption de la libre convertibilité de la monnaie nationale en octobre 2003 devrait cependant créer un environnement beaucoup plus favorable aux investissements étrangers. Certains résultats macroéconomiques positifs sont à noter (inflation et dévaluation de la monnaie relativement maîtrisées notamment). Le réchauffement politique avec la Russie, entamé en 2005, a eu pour résultat les investissements massifs des compagnies russes sur le sol ouzbek (dans le domaine de l'énergie, des télécommunications, de l'aviation civile ou encore de l'agroalimentaire), ainsi que la hausse substantielle des échanges commerciaux bilatéraux (3 milliards de dollars en 2006, +42% par rapport à 2005).
Toutefois, Tachkent hésite à aller de l’avant dans le domaine des privatisations du secteur agricole qui représente toujours 1/3 du PIB et de la population active. En fait, le gouvernement retarde une véritable libéralisation de l’économie par crainte de ses conséquences sur un tissu social déjà fortement dégradé (27 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et les revenus moyens sont à la baisse depuis 1997) et pour préserver les intérêts de quelques acteurs économiques influents, proches des élites au pouvoir. L’offensive maladroite, à partir de l’été 2004, contre l’économie informelle a été à l’origine d’importants remous sociaux.
Arts et culture:
Patrimoine mondial de l'UNESCO en Ouzbékistan :
1990 Itchan Kala
1993 Centre historique de Boukhara
2000 Centre historique de Shakhrisyabz
2001 Samarkand - carrefour de cultures
Voir aussi : Art timouride
Bibliographie :
Ýíöèêëîïåäè÷åñêèé Ñëîâàðü Áðîêãàóçà è Åôðîíà (Encyclopédie Brockhaus et Efron). St-Petersbourg, 1887-1907.
Áîëüøàÿ ñîâåòñêàÿ ýíöèêëîïåäèÿ (Grande encyclopédie soviétique). Moscou, 1969-1978
Anthologie de la poésie d'Ouzbekistan, 2 vol., Edition de Jean-Pierre Balpe et Hamid Ismailov
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