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Indonésie:
L’Indonésie ou République d’Indonésie (Republik Indonesia) est née en 1945 avec l’indépendance des Indes orientales néerlandaises. C'est le plus grand État archipel et le quatrième État le plus peuplé au monde. Elle est située entre la péninsule d’Asie du Sud-Est et l’Australie, au point de rencontre entre les océans Indien et Pacifique. L'Indonésie est très diverse ethniquement et culturellement.
La langue officielle est l’indonésien (bahasa Indonesia), une variété de malais que seule une petite minorité de la population parle comme première langue. De nombreuses langues régionales sont utilisées, comme le javanais (parlé par environ 80 millions de personnes), le sundanais (35 millions) et le madurais (près de 17 millions).
L'emblème national de l'Indonésie est l'aigle Garuda, oiseau fabuleux de la mythologie indienne et vâhana (véhicule) du dieu Vishnu.
L'archipel indonésien est avec l'Amazonie et le Bassin du Congo l'une des trois zones les plus riches du monde pour la Biodiversité, mais ce patrimoine régresse rapidement en raison des impacts d'activités humaines en fortes augmentation, avec pour conséquence une dégradation des ressources en eau, air, et sols, flore et faune (halieutique notamment) et un recul préoccupant des forêts.
Histoire:
Le 17 août 1945, Soekarno et Hatta, déclarent l’indépendance de l'Indonésie, jusqu'alors appelée les Indes néerlandaises. Après 4 années de conflit armé et diplomatique que les Indonésiens appellent "Revolusi", les Pays-Bas reconnaissent l'indépendance de l'Indonésie le 27 décembre 1949, à l'exception de la Nouvelle-Guinée occidentale, dont le statut doit être discuté ultérieurement.
Géographie:
Les 17 000 îles de l’Indonésie (dont 6 000 habitées) sont réparties autour de l’équateur donnant à ce pays un climat tropical. Il existe deux saisons : la sèche (qui est humide malgré tout) de mai à octobre et la pluvieuse de novembre à avril. Si la température oscille entre 25 et 35°C au niveau de la mer, elle perd en altitude 2°C tous les trois cent trente mètres, et l'on trouve ainsi des montagnes couvertes de neiges éternelles en Indonésie.
Les plus grandes îles sont Java où habite près de 60 % de la population, Sumatra, Bornéo (qui est partagée avec la Fédération de Malaisie), la Papouasie occidentale (Papua, auparavant appelée Irian Jaya, qui correspond à la moitié ouest de l’île de Nouvelle-Guinée) et Célèbes.
L’Indonésie se situe dans une zone de friction tectonique, sur la ceinture de feu du Pacifique. Près de l'ile de Sulawesi se connectent 3 plaques (Pacifique, Philippines, Indo-Australie) et le bloc de Sunda (qui se meut indépendamment de l'Eurasie). Cela explique que cette zone volcanique soit la plus active du monde avec environ cent trente volcans en activité, dont un certain nombre dans l'archipel (par exemple le célèbre et disparu Krakatoa). Les tremblements de terre sont donc fréquents et souvent suivis de tsunamis. Le tsunami du 26 décembre 2004 a fait, d'après le bilan provisoire du 19 janvier 2005, au moins 220 000 morts.
L’île de Roti, située dans la province de Nusa Tenggara Est et à 170 km du territoire australien des îles Ashmore et Cartier, est la terre la plus méridionale de l’Indonésie (cette situation entraîne notamment des conflits entre la pratique traditionnelle de la pêche et le droit international).
Démographie:
Les sources ne s'accordent pas sur la population de l'Indonésie.
Le CIA World Factbook donnait une estimation de 245 millions d'habitants pour juillet 2006, mais donne maintenant 234 millions pour son estimation à juillet 2007. Selon cette source, la population indonésienne aurait donc diminué de 4,4% en un an.
Le recensement du gouvernement indonésien de 2000 indique une population indonésienne de 206 265 000. On observe un ralentissement de la croissance de la population, dont le taux annuel moyen est de 2,4 % sur la période 1971-1980, de 2 % pour 1980-90, 1,7 % pour 1990-1995 et 1,15 % pour 1995-2000. Si on prend le chiffre pour 2000 et qu'on applique comme croissance annuelle, le taux observé pour la période 1995-2000 (ce qui revient à supposer que la croissance ne ralentit plus mais se stabilise, hypothèse plutôt pessimiste), on obtient pour 2007 le chiffre de 223 453 000 habitants, nettement inférieur à l'estimation du CIA World Factbook.
Le graphique ci-dessous a été établi à partir des chiffres de la FAO (agence de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture).
La presque totalité des Indonésiens parlent des langues austronésiennes. La génétique linguistique, qui vise à reconstituer la filiation à travers le temps d'un ensemble de langues apparentées entre elles, tend à situer à Taiwan le berceau de ces langues. Une étude[3] sur la variation du chromosome Y menée à l'université de Stanford en Californie par un groupe de biologistes des États-Unis, d'Italie, du Royaume-Uni et de Taiwan conclut à un héritage paternel dans la majorité des habitants d'Indonésie et d'Océanie provenant de populations établies dans la région depuis le pléistocène (c'est-à-dire il y a plus de 10 000 ans avant le présent, donc antérieurement aux migrations austronésiennes). Cette étude montre par ailleurs un apport génétique chez les Indonésiens en provenance du nord (Philippines et Taiwan) associé à des populations d'agriculteurs, donc datant du néolithique.
Politique:
Après la proclamation de l’indépendance de la République d’Indonésie le 17 août 1945 par Soekarno et Hatta, le problème est de faire reconnaître la légitimité de cette indépendance par les Alliés. Soekarno et Hatta avaient accepté de collaborer avec l’occupant japonais. Sjahrir, qui avait dirigé la résistance passive contre l’occupant, est nommé premier ministre en novembre 1945. Durant la période de conflit armé et diplomatique qui oppose l’Indonésie aux Pays-Bas, que les Indonésiens appellent la Revolusi, Sjahrir sera le négociateur indonésien, tant face aux Hollandais que devant la communauté internationale. Les Pays-Bas reconnaîtront officiellement l’indépendance de l’Indonésie par le transfert de souveraineté le 27 décembre 1949.
Subdivisions:
L'Indonésie est divisée en une succession de 4 niveaux d'unités de gouvernement territoriales qui sont, en allant de la plus grande à la plus petite unité :
1er niveau : la provinsi (province),
2e niveau : le kabupaten (département) et la kota (ville),
3e niveau : le kecamatan (district),
4e niveau, selon la région ou la province : le kelurahan (commune), le desa (village), le gampong (village en Aceh), le nagari (village en pays minangkabau à Sumatra Ouest), le kampung (village en Papua).
Économie:
Le produit intérieur brut (PIB) de l'Indonésie est de 264 milliards de $ pour 2006. En parité de pouvoir d'achat, le PIB est de 935 milliards de $, soit 3 800 $ par habitant, ce qui place l'Indonésie parmi les pays à revenu "moyen inférieur". La composition du PIB par secteur est :
Agriculture : 13,1%
Industrie : 46%
Services : 41%[6].
Les principales exportations de l'Indonésie sont le pétrole et le gaz naturel liquéfié, les appareils électriques, le bois et le contreplaqué, les textiles, le caoutchouc. Ses principales importations sont les machines et équipements industriels, les produits chimiques, les carburants, les produits alimentaires.
La crise financière asiatique de 1997 avait entraîné une grave crise économique en Indonésie, qui s'est traduite par une chute de plus de 13% du PIB en 1998. Le pays a mis plus longtemps que les autres à renouer avec la croissance. En 2006, le PIB a affiché une croissance de 5,4%.
Culture:
Les différents groupes ethniques d'Indonésie possèdent chacun une riche tradition.
Le régime de Soeharto s'est efforcé de construire des « cultures régionales » (kebudayaan daerah) sur la base des provinces. Cette action créait des artifices comme la « culture de Java Ouest », la « culture de Kalimantan Est », la « culture de Célèbes Nord » etc., sans tenir compte d'une réalité culturelle plus complexe. Une même province peut abriter différentes cultures traditionnelles, comme Java Ouest, où on peut au moins distinguer, si l'on se limite au critère linguistique, une culture Banten, une culture Betawi (Jakartanais « autochtones »), une culture Sunda, une culture Cirebon. Inversement, une même culture peut couvrir plus d'une province, comme la culture malaise, qu'on trouve dans les provinces de Sumatra Nord, Riau et Jambi à Sumatra, et Kalimantan Ouest et Sud à Bornéo.
Depuis la démission de Soeharto en 1998 et surtout l'ouverture intellectuelle et culturelle initiée par le président Abdurrahman Wahid, diverses régions d'Indonésie essaient de promouvoir leur culture traditionnelle, en ne prenant plus comme référence le cadre administratif mais tout simplement le nom de l'« ethnie », comme l'institut de la culture Minahasa, principale ethnie de la province de Sulawesi Nord. Cette politique trouve un cadre favorable avec la loi sur l'autonomie des régions promulguée en 1999.
Faisant aussi partie de la culture Indonésienne: l'art de la jungle, le pencak silat qui est un art martial trés efficace mais malheureusement peu connu.
Religions:
Le premier des Pancasila (« cinq principes ») qui constituent l'idéologie de l’État indonésien est la croyance en un Dieu unique. La constitution ne fait référence à aucune religion en particulier. L'article 29 de cette constitution garantit la liberté de culte et n'accorde de préséance à aucune religion.
Une loi promulguée en 1969 par le régime Soeharto stipule que les cinq religions (en indonésien agama, mot sanscrit signifiant « descendu » ou « hérité du passé ») dont se réclament une grande partie des Indonésiens sont l'islam, le protestantisme (agama Kristen en indonésien), le catholicisme, l'hindouisme, le bouddhisme et le confucianisme. En 1974, le ministre de l'intérieur avait émis un décret ne laissant le choix aux Indonésiens, pour remplir leur formulaire de demande de carte d'identité, qu'entre cinq religions : l'islam, le protestantisme, le catholicisme, l'hindouisme ou le bouddhisme.
Considérant qu'il était contraire à l'article 29 de la constitution, le président Abdurrahman Wahid (dit « Gus Dur ») a annulé ce décret en 2000.
Les chiffres officiels de 1998 indiquent que 80% des Indonésiens sont musulmans, 5% protestants, 3% catholiques, 2% hindouistes, 1% bouddhistes, le 9% étant constitué d'"autres" religions, ce qui inclut le judaïsme et le christianisme orthodoxe[7]. Aux côtés de ces "grandes" religions officiellement reconnues par le régime Soeharto de nombreuses croyances et pratiques antérieures sont toujours vivantes et font partie de la vie de la plupart des Indonésiens, quelle que soit leur religion officielle.
Bien qu'il ne soit pas à proprement parler une religion, le confucianisme a désormais droit de cité. Le Nouvel An chinois, Imlek, est maintenant jour férié officiel en Indonésie.
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